Planète

L'instrument scientifique NOMAD (Nadir and Occultation for Mars Discovery), conçu et fabriqué par l'Institut royal d'aéronomie spatiale de Belgique (IASB), s'est envolé lundi à 10h31 (HB) vers la planète rouge à bord du satellite Trace Gas Orbiter (TGO), pour la première partie de la mission ExoMars. Celle-ci a été développée par l'Agence spatiale européenne (ESA), en collaboration avec l'agence russe Roscosmos. Le satellite se mettra en orbite autour de la planète. L'instrument NOMAD permettra de cartographier l'atmosphère de Mars à la recherche de méthane et autres gaz ainsi que des traces de vie, a expliqué Martine De Mazière, directrice générale ad interim de l'IASB lors d'une conférence de presse organisée à l'Observatoire d'Uccle. Le TGO doit aussi servir de relais de données pour la mission ExoMars 2018.

NOMAD est un spectromètre optique, ce qui signifie qu'il se sert du soleil comme source de lumière pour déterminer la composition de l'atmosphère martienne, a-t-elle poursuivi. L'instrument est composé de trois canaux, dont deux sensibles aux longueurs d'onde de l'infrarouge et un sensible aux ultraviolets et à la lumière visible. Des ingénieurs et scientifiques issus d'Espagne, du Royaume-Uni, d'Italie, du Canada et des Etats-Unis ont aussi pris part à son élaboration.

L'instrument scientifique avait été sélectionné en 2010, après un appel d'offres. Au total, 507 jours ont été nécessaires pour assembler NOMAD, l'intégrer au satellite et le tester, a précisé Eddy Neefs, chef ingénierie de l'IASB. Il a été testé à des températures extrêmes de -39 et +49°. Une cinquantaine de partenaires belges et internationaux ont participé au projet, dont OIP Sensor Systems, partenaire principal.

La politique scientifique fédérale belge (Belspo) a fourni un soutien financier. "ExoMars a pour but de chercher des traces de vie sur Mars, mais la mission permet également de montrer les nouvelles technologies qui nous amènent de plus en plus loin dans la recherche de nouveaux horizons", a commenté Elke Sleurs, secrétaire d'Etat à la politique scientifique.

Le module atterrisseur Schiaparelli ou EDM (Entry, Descent and Landing Demonstrator Module), auquel a contribué l'Observatoire royal de Belgique, a également pris la direction de Mars lundi. Il pourra tester de nouvelles technologies pour la suite de la mission, prévue en 2018. Un robot mobile (rover) sera alors envoyé sur la planète rouge, équipé d'une foreuse capable de creuser jusqu'à deux mètres de profondeur.

Les deux éléments de la mission se sépareront à l'approche de Mars, au terme d'un voyage de sept mois, ajoute Airbus Defence and Space dans un communiqué. L'entreprise spécialisée dans les technologies spatiales a réalisé les deux boucliers thermiques qui permettront à Schiaparelli de résister à sa rentrée dans l'atmosphère martienne.

Après une nouvelle période de 9 mois durant laquelle le satellite effectuera sa descente sur son orbite, les mesures scientifiques pourront commencer. Elles sont actuellement prévues pour une durée de deux années martiennes, ce qui correspond à quatre années terrestres.

Le lancement a été effectué depuis la base spatiale de Baïkonour au Kazakhstan. Un premier signal doit être reçu à 22h17 (HB) lundi soir, qui assurera que le satellite répond, a indiqué Séverine Robert, scientifique qui a participé au projet.


Le timing:

Ce lundi, La Libre.be vous fera vivre en direct cette journée de lancement depuis l'ESOC, le centre de contrôle de la mission, en Allemagne à Darmstadt. Depuis le départ de la fusée jusqu'à l'acquisition du premier signal du satellite par l'ESOC, tard ce soir.

10 heures 30: le lancement.

22 heures 30: l'acquisition du signal.