Planète

L’un a été creusé il y a 145 ans (Suez), l’autre est vieux d’un siècle (Panama); tous deux ont entrepris des travaux considérables pour s’agrandir, tandis que la construction d’un troisième est annoncée au Nicaragua à partir de décembre prochain, pour entrer en fonction en 2019. La bataille des canaux interocéaniques a commencé.

L’enjeu ? Remporter des parts croissantes de marché. Le canal de Suez capte 14 % du commerce maritime mondial et espère élargir sa part; celui de Panama, dont les principaux clients sont les Américains et les Chinois, en accroche 6 % - un chiffre qu’il veut accroître par ses travaux en cours - tandis que le promoteur chinois du futur canal du Nicaragua table " sur 5 % ", pris essentiellement sur la part du Panama, qui serait ainsi ramenée à " 3 % ".

Alors que le commerce mondial ne cesse de croître et que les prix du carburant demeurent élevés en dépit de la baisse du baril de brut, les canaux de Suez et Panama sont des atouts importants pour réduire les coûts du transport : le trajet Yokohama-New York fait 31000 km en passant par le Cap Horn, contre 25 000 par Suez et 18 000 en empruntant le canal de Panama.

Recevoir les plus gros navires

Celui-ci a lancé en 2007 de grands travaux d’élargissement et approfondissement de la voie d’eau, afin de pouvoir recevoir les gros navires qui constituent la moitié de la flotte mondiale. Ces travaux achevés, en 2015, devraient lui permettre de recevoir 89 % de la flotte commerciale, au lieu de 57 % aujourd’hui. Suez fait de même depuis août dernier - question de ne pas se laisser rattraper par le rival centraméricain, alors que l’économie égyptienne a déjà beaucoup souffert de la révolution de janvier 2011, du passage des islamistes au pouvoir et de leur renversement en juin 2014.

Difficile à sécuriser

Les partisans des trois canaux soulignent les avantages du "leur" et les désavantages de ses rivaux. Suez (voir ci-contre) bénéficie ainsi d’un parcours sans écluses, où seul compte le tirant d’eau (profondeur sous eau) : 22m, contre 18m pour Panama rénové. Il est le plus fréquenté et celui qui rapporte le plus (5 milliards de dollars par an, contre 1,85 milliards en 2012 pour le rival centraméricain). Mais il pâtit d’un environnement difficile à sécuriser contre les terroristes et la déstabilisation politique, alors que le Proche-Orient connaît une nouvelle flambée de violence. Et il est au service d’une seule grande route maritime, quand Panama est au carrefour de plusieurs voies maritimes.

La suite à découvrir en intégralité dans notre "Sélection Lalibre.be" (à partir de 4,83 euros).