Planète

La Belgique signera ce mercredi une alliance avec le Grand-Duché du Luxembourg, pionnier mondial de l’exploration minière spatiale, a annoncé le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Une déclaration commune formalisera l’intention des deux pays de travailler ensemble, avec leurs partenaires européens, à l’élaboration d’un cadre juridique international "qui reconnaisse à la fois les droits individuels et l’intérêt collectif de l’humanité" dans l’exploration, l’utilisation et l’exploitation des ressources spatiales. Ce cadre global est attendu depuis 50 ans.

Le Luxembourg a fait de l’exploitation des minerais célestes une stratégie de diversification économique, dans une géopolitique post-pétrolière. Membre de l’Agence spatiale européenne (ESA) depuis 2005, il s’est engagé en février 2016 dans un projet d’exploration des ressources spatiales baptisé "SpaceResources.lu". À l’été 2017, le Grand-Duché a instauré un cadre légal en la matière, devenant ainsi le deuxième pays au monde à se doter de ce genre d’outil après les États-Unis et le "Space Act" de Barack Obama (2015). La loi luxembourgeoise garantit désormais la pleine propriété de leurs trouvailles aux entreprises d’extraction spatiale.

Le gouvernement de Xavier Bettel a multiplié les partenariats ces derniers mois (Japon, Chine, Pologne, Portugal, République tchèque, Émirats arabes unis) et attiré sur le sol luxembourgeois plusieurs entreprises spatiales.

Des centaines de milliers, voire plusieurs millions de ces corps célestes gravitent entre Mars et Jupiter, certains pouvant croiser l’orbite de la Terre. Ils peuvent receler des métaux rares précieux pour l’industrie technologique. Ces projets ont leur lot de détracteurs, qui dénoncent une économie de la surconsommation risquant de générer un gaspillage des ressources. Leurs partisans répliquent qu’exploiter les roches spatiales permettrait d’éviter une surexploitation des ressources terrestres, notamment pour préserver l’Antarctique.