Planète

En trois bonds, le chevreuil s’est frayé un chemin par-dessus la végétation pour s’enfoncer dans la lisière de la forêt toute proche. Avant notre arrivée, l’endroit baignait, il est vrai, dans un calme monacal, à peine troublé par un léger grésillement venu du ciel. "C’est le bruit que fait la bruine quand les gouttes d’eau touchent les câbles électriques", explique Gérard Jadoul, notre guide du jour.

Nous sommes à Attert, non loin de la frontière luxembourgeoise. Forçant le passage au milieu des bois et des champs, une double rangée de lignes à haute tensions’étire à perte de vue, dessinant par la force des choses un "coup de canif", nécessaire mais bien peu esthétique, dans le paysage. "Elia, l’opérateur du réseau haute tension, a l’obligation d’assurer la continuité de son service et de tout mettre en œuvre pour empêcher les coupures de courant. C’est la raison pour laquelle les espaces situés sous les pylônes ressemblent bien souvent à des no man’s lands. Pour éviter que des arbres ne s’élèvent trop haut et n’entrent en contact avec les lignes, ils procèdent tous les trois à cinq ans à un gyrobroyage complet de la végétation sur une cinquantaine de mètres de large, plus de cent mètres de large dans le cas des doubles lignes", poursuit Gérard Jadoul.