Planète

Le plus grand radiotélescope du monde est entré en service dimanche dans le sud-ouest de la Chine, dans le cadre d’un projet faramineux dont l’ambition est, selon Pékin, de détecter une vie intelligente extraterrestre. Appelé par les scientifiques "Five-hundred-metre Aperture Spherical Radio Telescope" (Fast), le télescope a commencé à fonctionner vers midi, annonce l’agence Chine nouvelle.

Le Fast, qui présente une ouverture sphérique d’un diamètre de 500 mètres, couvrant une surface équivalente à 30 terrains de football, est installé dans une zone rurale de la province du Guizhou (sud-ouest), entre trois collines karstiques. L’installation, dont la construction commença en mars 2011, a coûté 1,2 milliard de yuans (165 millions d’euros) et dépasse nettement en dimension le radiotélescope d’Arecibo, situé sur l’île de Porto Rico, (305 m de diamètre). Le directeur général de la Société chinoise d’astronomie, Wu Xiangping, déclarait l’an passé que le haut degré de sensibilité du Fast allait "aider à rechercher de la vie intelligente en dehors de notre galaxie".

10 000 habitants réinstallés

Près de 10 000 habitants résidant dans un rayon de cinq kilomètres autour du Fast ont été réinstallés pour laisser place au téléscope. Des centaines de milliers de Chinois ont dans le passé été déplacés pour laisser le champ libre à de vastes projets d’infrastructures comme des barrages et des canaux. Beaucoup se sont plaints de dédommagements trop faibles.

Pékin augmente ses investissements dans l’astronomie et accélère son programme d’exploration spatiale à coups de milliards, avec l’ambition d’installer une station permanente en orbite avant 2020, et d’envoyer un homme sur la Lune.


Plus d’un milliard d’étoiles de la Voie lactée localisées

Une cartographie de la Voie lactée d’une précision inégalée, avec la localisation de quelque 1,15 milliard d’étoiles, a été présentée mercredi par l’Agence spatiale européenne (ESA) à partir des observations du télescope spatial européen Gaia. "Avec plus d’un milliard d’étoiles, c’est la plus vaste carte jamais réalisée à partir d’une seule mission, et c’est aussi la plus précise", a annoncé Anthony Brown, un chercheur membre de l’équipe Gaia, lors d’une conférence de presse à Madrid. "Les scientifiques ont catalogué les positions d’1,15 milliard d’étoiles", a souligné le CNRS, associé à la mission.

Moins d’1 % des étoiles

Un record en termes de recensement, même si cela représente moins d’1 % des étoiles de la Voie lactée, la galaxie à laquelle appartient notre système solaire, qui en contient probablement entre 100 et 200 milliards.

Pour 2 millions de ces étoiles, les scientifiques, issus de 25 pays européens, ont défini et mis à la disposition des chercheurs du monde entier des données comprenant leur vitesse de déplacement et leur distance par rapport au Soleil.

L’ESA et le consortium européen qui pilote Gaia prévoient d’obtenir, vers fin 2017, la vitesse et la distance pour le milliard d’étoiles désormais identifiées dans cette nouvelle cartographie. Depuis son lancement le 19 décembre 2013, Gaia scrute l’immensité de la Galaxie (100 000 années-lumière de diamètre), et enregistre chaque jour les données de 50 millions d’étoiles.