Planète

Quelque 330 scientifiques belges ont signé une lettre ouverte, à une dizaine de jours de l'ouverture à Paris de la Conférences des Nations Unies sur le Climat (COP 21), dans laquelle ils demandent l'adoption "de mesures immédiates pour atténuer le changement climatique". Les chercheurs signataires de cette lettre ouverte proviennent d'une quinzaine d'institutions scientifiques, dont l'ensemble des universités francophones et néerlandophones.

Cette lettre, d'une page, évoque les risques du réchauffement climatique, la responsabilité de chaque citoyen et l'opportunité de contrer ce réchauffement. "L'initiative vient de la KUL. Mais vu qu'on a plus de poids ensemble, elle a sollicité les différentes universités", explique Hugues Goosse, signataire de la lettre et chercheur à l'UCL. "Nous voulons montrer qu'il est encore temps d'agir. Notre sort est entre nos mains. Le moment est crucial".

Ces 330 chercheurs espèrent que des mesures ambitieuses seront adoptées à l'occasion du sommet sur le climat, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris. "Ces mesures doivent se prendre maintenant. Après, il sera trop tard. L'augmentation des canicules, des inondations et du niveau de la mer est une réalité", illustre Hugues Goosse. "Les décisions prises aujourd'hui auront un effet dans 15 à 20 ans. Paris doit être un tournant", estime Hugues Goosse.

Pour ce chercheur, la Belgique doit montrer une image beaucoup plus volontariste. "Je crois que le gouvernement est conscient du problème. Mais il n'agit pas assez. Attention, je ne dis pas que rien n'a été fait", nuance Hugues Goosse. "Je sais que c'est difficile. Mais il existe des solutions. Nous devons diminuer tout ce qui rejette du CO2. Des solutions techniques existent et il faut les adapter selon les secteurs".

L'un des enjeux des négociations climatiques est de limiter la hausse de la température globale à 2°C. "C'est un peu le chiffre magique, le chiffre sur lequel tout le monde se met d'accord. Mais c'est un chiffre qui permet juste de limiter la casse. Pour la fin du 21ème siècle, il faut prévoir une hausse des mers de 20 à 30 centimètres, sans cette hausse de température. Avec 2°C en plus, le niveau sera relevé de plusieurs dizaines de centimètres".

Enfin, malgré les attentats de Paris, Hugues Goosse est convaincu que l'événement ne sera pas "dans l'ombre". "Le ministre Fabius (ministre français des Affaires Etrangères, ndlr) a dit que c'était une priorité et qu'il fallait agir. Je suis confiant", conclut-il.