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Le Parlement européen a approuvé ce mercredi à une large majorité (526 voix pour, 66 contre) le rapport final de la commission spéciale Pesticides mise en place il y a dix mois à la suite de la controverse sur le renouvellement de l'autorisation du glyphosate et les "Monsanto Papers".

Le rapport, co-rédigé par le Belge Bart Staes (Groen, Verts/ALE) et le conservateur allemand Norbert Lins (PPE), recommande notamment l'interdiction de l'utilisation de pesticides dans les espaces publics, une réévaluation des études sur les effets cancérogènes du glyphosate que les députés estiment non élucidés, l'obligation de publier les données statistiques sur l'utilisation des pesticides dans les États membres, l'accès aux études dans leur intégralité, l'indépendance des organismes chargés de l'évaluation des substances, le financement de la recherche indépendante, etc.

"Jusqu'au dernier moment, l'industrie des pesticides et les députés qui roulent pour elle ont tenté de saboter notre travail mais la majorité a tenu bon", a commenté M. Staes.

Un rapport commandité par quelques députés de la commission spéciale a démontré qu'un chapitre sensible de l'évaluation scientifique sur laquelle s'est basée la Commission européenne pour autoriser le glyphosate était le fruit de plagiats à plus de 50% venant du lobby de la firme Monsanto.

"Reprendre mot pour mot l'argumentaire des fabricants de glyphosate pour établir la validation européenne de ce produit est une insulte à l'éthique, à la morale et constitue un réel danger pour la santé de 500 millions de consommateurs", a dénoncé Marc Tarabella (PS, S&D), l'un des commanditaires de l'étude. Il se réjouit des mesures du rapport visant à clarifier qui sont les véritables auteurs des arguments développés.

Pour Frédérique Ries (MR, ALDE), membre de la commission spéciale, "on ne peut plus continuer à opposer rendements agricoles et protection de la santé et de l'environnement". "La législation européenne indique clairement qu'il est interdit de répandre des pesticides à proximité des espaces publics (crèches, écoles, homes, hôpitaux, plaines de jeux, etc.) Commençons par appliquer la loi! ", exhorte-t-elle.

Marc Demesmaeker (N-VA) relève que l'UE possède déjà "l'un des systèmes les plus stricts au monde, mais des améliorations sont possibles et nécessaires pour garantir la confiance dans une politique fondée sur les faits".

Hilde Vautmans (Open Vld, ADLE) insiste en outre sur la nécessité pour les pouvoirs publics d'accroître les moyens financiers et humains en recherche et innovation pour que les agriculteurs puissent trouver des solutions de rechange aux pesticides et herbicides.

De leur côté, les ONG membres du Pesticide Action Network ont salué ce vote, soulignant qu'il est urgent de mettre un terme aux conflits d'intérêts qui nuisent à l'objectivité de ces évaluations et qui minent la confiance des citoyens.