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Dans le Dakota du Nord, le tracé prévu du pipeline a été rejeté. Une victoire pour les Amérindiens et les défenseurs de l'environnement.

Dimanche, les Sioux de la réserve de Standing Rock dans le Dakota du Nord ont poussé un soupir de soulagement. L’administration de Barack Obama a mis fin à un conflit entamé au mois d’avril entre les membres de la tribu et la société Energy Transfer Partners qui construit un pipeline à quelques centaines de mètres de la réserve. Le “serpent noir” ne passera pas. En tout cas pas selon le tracé prévu dans les plans les plus récents, à proximité du lac Oahe et sous la rivière Missouri qui alimente en eau potable toute la région. Les Amérindiens et les défenseurs de l’environnement craignaient une pollution de l’eau.

Ces trois dernières semaines, le conflit a pris une ampleur internationale. Deux cents personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à Bruxelles devant l’ambassade américaine. À Standing Rock, le nombre de manifestants devenant de plus en plus important avec la venue de milliers de défenseurs de l’environnement et d’activistes, la taille des campements s’est agrandie en conséquence jusqu’à occuper des terrains sous propriété fédérale. Alors que la répression s’intensifiait (plus de 500 personnes ont été arrêtées), un avis d’évacuation a été émis de la part du commandant du district  : “Toute personne qui se trouvera sur les terres fédérales […] après le 5 décembre sera considérée comme violant une propriété privée et pourra être poursuivie.” Des personnalités, de Katy Perry à Scarlett Johansson, se sont mobilisées en faveur des opposants au pipeline tandis que plus de 2 000 vétérans de l’armée américaine ont rejoint le campement pour former un bouclier humain. La décision de Barack Obama tombe à point malgré la ténacité affichée des opposants qui ont déjà affronté une tempête de neige et campent sous des températures négatives.

Trump a investi dans la compagnie

Cette victoire, souligne Dave Archambault, le chef de la tribu des Sioux, est la preuve du respect des droits des Amérindiens aux États-Unis. Elle est aussi, d’un point de vue symbolique et éthique, la victoire de la nature via les “protecteurs de l’eau” sur les intérêts commerciaux.

Aboutie à 80  %, la construction du pipeline d’un coût estimé à 3,8 milliards de dollars qui doit permettre d’acheminer 570 000 barils de pétrole brut par jour des grandes plaines du Dakota à l’Illinois, sera probablement achevée. Des alternatives au tracé prévu seront proposées après une étude d’impact environnemental. Ce dimanche 4 décembre, les Sioux ont appelé la future administration Trump à respecter la décision d’Obama. Problème… non seulement il a déjà pris position en faveur du projet mais il compte parmi les riches investisseurs. Le 2 décembre, son porte-parole Bryan Lanza a publié un communiqué où il affirme que le soutien de Donald Trump au pipeline “n’a rien à voir avec ses investissements personnels et tout à voir avec la promotion des politiques qui profitent à tous les Américains.” Le futur “président de tous les Américains” devra prouver sa volonté de préserver les droits des minorités face à ses intérêts personnels.