Planète

Suite à un accouchement difficile, des jeunes femmes africaines deviennent parfois incontinentes. Et sont alors rejetées de tous. Des médecins belges partent en mission les opérer. Et ainsi les faire renaître à la vie.

Elles se prénomment Kimya, Madeleine, Henriette ou Gloria. Elles sont jeunes, 13, 14, 15 ans. Parfois plus, mais parfois moins aussi. Leurs parents les ont mariées - ou pas - à des hommes souvent plus âgés et ces jeunes filles se sont aussitôt retrouvées enceintes. Faute de moyens pour se rendre à l’hôpital, elles ont, la plupart du temps, dû accoucher dans la case familiale. Des heures, voire des jours de travail, de douleur avant la délivrance. Sept jours et sept nuits de souffrance pour Madeleine qui, alors âgée de 13 ans, a donné naissance à son enfant. Mort-né.

"Il a tout déchiré en moi, raconte-t-elle. Depuis, je perds les urines par le vagin. Je ne peux plus les retenir; elles coulent le long de mes jambes. Personne ne me parle plus : les gens disent que je sens mauvais et que je porte un mauvais sort… Ils m’ont tous abandonnée : ma famille, mes amis, mon mari aussi."

Des suites d’un accouchement interminable

Cette histoire est l’une de celles que l’on appelle, de manière peu élégante, les "fistuleuses". Des jeunes femmes dont les organes les plus intimes ont été mutilés suite à des violences sexuelles ou le plus souvent - dans 95 % des cas - suite à un accouchement trop long qui, par pression et par déchirure, a provoqué des dégâts aux organes du petit bassin, de la vessie et du rectum.