Planète Après 50 ans de guerre civile, la Colombie entame un délicat processus de paix. La résilience en sera la clé.

Comme les grands ados qu’ils sont, Manuel et Catalina, en jeans et baskets, rigolent en prenant la pose devant le photographe, évoquent leur visite de Bruxelles et leur prochaine escale - Madrid -, s’émerveillant de sortir pour la première fois de Colombie. Pourtant, à 19 ans, ces deux jeunes ont passé une bonne partie de leur adolescence au sein d’une des guérillas les plus sanglantes du monde, les Forces armées révolutionnaires colombiennes. Manuel est entré dans les Farc à 14 ans, Catalina à treize. Pour disposer d’espions - un enfant est plus discret pour savoir ce qui se passe dans un village -, de petites mains (cuisine…), et au final, de combattants, le groupe armé s’était fait une spécialité de recruter les enfants de milieux fragiles.

"Nous avions des problèmes dans la famille, et avec mon frère nous avons fui, raconte à présent Manuel. Je l’ai suivi au sein des Farc. Mais il est passé en conseil de guerre et ils l’ont tué ! Pour moi, la seule motivation d’être là-bas, c’était mon frère…" Manuel a alors fui les rebelles. Il a marché une semaine, à travers la jungle, dans la peur, pour trouver la sécurité et la liberté.