Planète

Les enfants plus vulnérables face à la déshydratation

C’est une réalité incontournable : l’eau est le constituant le plus abondant du corps humain. De 0 à 6 mois, elle représente 74 à 60 %. (Voir infographie) "L’eau est un solvant; c’est le milieu dans lequel se déroule l’essentiel des réactions biochimiques, rappelle à ce titre le Dr Philippe Goyens, de l’Unité de nutrition et métabolisme, service de pédiatrie à l’Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (HUDERF). L’eau sert en outre de vecteur des échanges entre les cellules et les tissus. Elle contribue à la thermorégulation ainsi qu’à l’équilibre acide-base. En combinaison avec des molécules visqueuses, l’eau est le principal élément lubrifiant que ce soit au niveau du tractus digestif, donc de la digestion, ou génital, des articulations, des voies aériennes, séreuses…". Selon les âges de la vie, les besoins en eau évoluent; ils sont plus importants chez le nourrisson et l’enfant que chez l’adulte.

Un autre fait incontestable est la plus grande vulnérabilité du nourrisson et de l’enfant par rapport à l’adulte en cas d’apports insuffisants en eau. Cela s’explique par plusieurs raisons. "D’une part, il y a l’immaturité des systèmes de régulation, explique encore le Dr Goyens. D’autre part, les pertes urinaires et fécales, mais aussi par évaporation (peau ou respiration) sont proportionnellement plus importantes que chez l’adulte. Ces pertes augmentent lors de l’effort physique, de l’exposition à des températures élevées ou en cas de maladie (fièvre, polypnées ou augmentation de la fréquence respiratoire…).

En ce qui concerne les pertes d’eau, les conséquences s’avèrent plus précoces et plus sévères chez le nourrisson que chez l’adulte. Suite à une diarrhée banale, par exemple, un bébé pourra facilement être victime de déshydratation sévère".

Des conséquences de la déshydratation

"L’effet d’un déficit du bilan hydrique chez l’enfant est comparable à l’effet chez l’adulte, poursuit le pédiatre, spécialiste en nutrition. La perte en eau correspondant à 1 % du poids corporel affecte les performances physiques, la thermorégulation et l’appétit. Lorsqu’il s’agit de 2 %, elle affecte les fonctions cognitives. Au-delà de 4 %, le sujet pourra souffrir de céphalées, irritabilité, somnolence, hyperactivité, hyperthermie, polypnée, tachycardie. Une fois que la perte en eau dépasse 8 % du poids corporel, des troubles de la conscience peuvent survenir, voire la mort.

Quant au déficit chronique en eau, il est associé à un risque accru d’infections urinaires et de calculs rénaux".

"L’eau est le constituant principal de notre organisme : elle intervient dans de nombreuses fonctions métaboliques et joue un rôle clé dans la concentration et la mémorisation, fait par ailleurs remarquer Isabelle Guelinckx, Fluid Intake Scientist chez Danone Research. Or, les enfants n’expriment pas toujours leur soif et leur système de régulation de la température corporelle semble un peu moins performant que celui des adultes".

"C’est pourquoi il est essentiel d’avoir pour eux ce réflexe ‘hydratation’et de veiller à ce qu’ils boivent suffisamment d’eau tout au long de la journée, à la maison comme à l’école, et ce au moins 3 à 4 fois par jour", ajoute pour sa part Isabelle Thiébaut, diététicienne pédiatrique et Maître en Santé publique pour le Club européen des diététiciens de l’enfance.

Pour le Dr Goyens, "il existe des raisons de penser qu’en encourageant la consommation d’eau dans la population pédiatrique, on contribue à l’amélioration des performances cognitives des enfants et de l’état de santé de la population en général".