Planète

Elle a fait une drôle de tête, la préposée du Grand Qatar Palace Hotel, quand on lui a demandé où il était possible de louer une bicyclette. "Je sais où louer une limousine" a-t-elle répondu avec une certaine incompréhension, mais soucieuse d'offrir une autre solution digne de ce nom. "No, no, just a bicycle. Un vélo, quoi!"' a-t-on insisté. "Peut-être là-bas plus loin, esquiva-t-elle alors, embarrassée, en montrant du doigt la direction de ce qui doit être le centre-ville.

C'est pourtant devenu une sorte de tradition ces dernières années, les villes qui accueillent les sommets onusiens consacrés à l'environnement s'efforcent de faire d'emblée bonne impression en mettant un place un dispositif de transport le plus "vert" possible: importante navette de bus, présence bien visible de véhicules à motorisation alternative, vélos & cie. Ce fut notamment le cas au sommet Climat de Bali, mais aussi lors de la récente conférence de Rio sur le développement durable.

A Doha, au coeur de l'empire du gaz et du pétrole, le visiteur a vite fait de comprendre que la voiture est reine et qu'il ne fait pas bon s'engager trop vite - et encore moins s'attarder - sur les rares passages pour piétons. Certes, une jolie flotte de taxis couleur turquoise arbore fièrement le logo de la 18e Conférence de l´Onu sur le climat et des minibus font l'aller-retour entre les hôtels et le centre de conférence. Mais on sent bien que le coeur n'y est pas.

Des vélos, on en a entraperçu deux ou trois pourtant, slalomant tant bien que mal entre de gros SUV. Pas de la bicyclette dernier cri comme on en croise aux abords du Berlaymont bruxellois, non. De celles qui ont connu la guerre ou presque et qui servent de moyen de locomotion aux laissés pour compte de la manne pétrolière.

Notez que tout n'est peut-être pas perdu pour une révolution verte au pays de l'or gris. Dimanche les autorités qatariotes ont inauguré leur première installation solaire pilote à grande échelle. Objectif annoncé: produire 16% de l'électricité du pays d'ici à 2018. Alors que l'émirat jouit d'un ensoleillement considérable, l'exploitation de cette énergie y est quasi nulle jusqu'ici. Mais le vent va tourner, affirment les responsables du pays, en soulignant que les prix du solaire sont devenus raisonnables et compétitifs.

Merci la Chine...