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Avant de se mettre en veille, Philae a pu transmettre dans la nuit les données du forage réalisé sur la comète Tchouri, a annoncé samedi à l'AFP le responsable scientifique de l'atterrisseur, Jean-Pierre Bibring. "On a tout reçu. Tout s'est déroulé exactement comme prévu. On a même pu faire la rotation pour optimiser la réception de la lumière sur les panneaux solaires", a déclaré M. Bibring dans un entretien téléphonique depuis le centre de contrôle de Philae à Cologne (Allemagne).

"Philae est en mode veille. Toutes les données de la première séquence scientifique ont été téléchargées avec succès!", a pour sa part indiqué l'Agence spatiale européenne (ESA) sur son compte Twitter.

"On a terminé cette première phase absolument fabuleuse et rien ne ressemble à ce qu'on avait prévu. Ca nous donne très envie de continuer à l'explorer", a déclaré Jean-Pierre Bibring. "On s'aperçoit que c'est de plus en plus différent que ce qu'on imaginait, c'est fantastique", a-t-il encore dit, refusant d'en dévoiler plus.

M. Bibring s'est également dit "convaincu qu'on est capable de maintenir Philae en survie jusqu'à ce que ses panneaux solaires puissent se recharger suffisamment en se rapprochant du soleil".

La fin de la première séquence scientifique correspond à la fin prévue de la durée de vie de la pile de Philae. La relève devait être assurée, avec une puissance réduite, par des batteries solaires, mais la position peu éclairée de Philae sur la comète leur permettra seulement, dans un premier temps, d'assurer sa survie.

"L'important c'est qu'on puisse survivre jusqu'à des moments meilleurs", a conclu M. Bibring.

Nouvelle prouesse du robot: il a également réussi une manoeuvre de rotation qui devrait permettre à ses panneaux solaires de recevoir davantage de lumière à l'avenir car la comète file vers le Soleil.

Cela pourrait permettre au robot de sortir de son hibernation aux alentours de l'été, selon Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales) à Toulouse (sud de la France).

Largué par la sonde européenne Rosetta, le petit robot a atterri mercredi en fin d'après-midi sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, une première de l'histoire spatiale qui a tenu le monde en haleine.

Pendant ces trois jours d'activité, le robot a travaillé d'arrache-pied. Ses dix instruments ont été activés.

Les molécules organiques très attendues par les scientifiques peuvent être récoltées grâce à l'échantillon au sol (qui devait ensuite être réchauffé avant de pouvoir être analysé) mais pas seulement. D'autres instruments ont "sniffé" les poussières à la surface de la comète et la récolte a été bonne.

Le robot, qui pèse 100 kg sur la Terre et a une masse d'un gramme sur la comète, a récolté une mine d'images et de données scientifiques, qu'il transmet à la sonde Rosetta qui les envoie sur Terre.

Philae a radiographié l'intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface.

"Les résultats de Philae sont extraordinaires", avait d'ores et déjà estimé vendredi après-midi Marc Pircher, le directeur du CNES à Toulouse. "80% du travail du robot a été fait", avait-t-il assuré avant le flot de nouvelles données.

Cette mission "est unique et restera unique à jamais", a souligné Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta, lors du point de presse de l'Agence spatiale européenne (ESA).

"Nous avons réussi à faire fonctionner tous les instruments de Philae. C'est un grand succès. On peut être satisfait", a estimé M. Gaudon.

Les scientifiques espèrent que le robot pourra sortir de son hibernation en août prochain. A ce moment-là, la comète sera très près du soleil.

Quoiqu'il advienne à Philae, la mission Rosetta est loin d'être terminée. La sonde, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km dans l'espace, poursuivra son escorte de "Tchouri" au moins jusqu'au 13 août. C'est à cette date que la comète passera au plus près de l'astre.

L'atterrissage sur une comète est une première dans l'histoire de l'exploration spatiale, point d'orgue d'une aventure entamée il y a 20 ans, qui a coûté 1,3 milliard d'euros.

Philae s'assoupit

Philae, qui s'est posé à l'ombre entre des rochers, a d'abord fonctionné avec une pile d'une durée de vie de 60 heures. Mais ses batteries solaires qui devaient prendre le relais ne reçoivent pas assez de lumière pour lui permettre de continuer à être actif.

"On ne reçoit plus de données. On a perdu le contact" samedi vers 00h36 GMT (01h36 heure de Paris), a déclaré Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales) à Toulouse (sud de la France). Selon les calculs du CNES, la batterie de Philae devait être totalement déchargée vers 02h00 GMT (03h00 locales).

"Nous sommes en train de boire du champagne car cette mission est un succès", a ajouté M. Gaudon.

La prochaine fenêtre de communication avec le robot est prévue samedi à 10h00 GMT (11h00 heure de Paris).

"Nous allons essayer à nouveau (ndlr: d'entrer en contact avec lui). Mais les chances de rétablir la liaison sont très très faibles", a déclaré à l'AFP Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur, depuis l'Agence spatiale européenne (ESA) à Darmstadt (Allemagne). "La batterie est en dessous du niveau nécessaire pour faire fonctionner l'ordinateur central", a dit M. Ulamec.