Planète

La Wallonie ne sera pas en mesure, le cas échéant, d'accueillir la COP26, en raison notamment d'une capacité hôtelière insuffisante, mais confirme sa volonté de faire avancer ce dossier au niveau belge, a annoncé jeudi le ministre wallon en charge du Climat, Jean-Luc Crucke (MR). 

Fin novembre 2018, à quelques jours de la COP24 à Katowice, le gouvernement wallon avait proposé que la Belgique se porte candidate à l'organisation de la COP26, le 26e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, prévue fin 2020. Si "des signaux favorables ont été reçus de la Région Bruxelles-Capitale ainsi que du Gouvernement fédéral", indique jeudi le ministre Crucke, la Flandre s'est montrée plus circonspecte, le gouvernement flamand mettant en avant le coût de l'organisation.

D'après les contacts pris avec l'UNFCCC, le secrétariat de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, il apparaît qu'entre 75.000 et 100.000 m2 seraient nécessaires pour le centre de conférence, de même qu'une capacité hôtelière susceptible d'accueillir environ 25.000 participants. Quant au personnel de l'organisation, il compte environ 350 personnes, auxquelles il faut rajouter 100 agents de sécurité des Nations Unies et 100 agents linguistiques. Le budget de l'évènement peut être estimé entre 120 et 150 millions d'euros.

"La capacité hôtelière et la superficie disponible pour le Centre de conférence sont clairement insuffisantes en Wallonie pour accueillir la COP. La Wallonie confirme néanmoins sa volonté de faire avancer ce dossier au niveau belge. Le défi organisationnel ne doit pas être un frein à l'organisation de cet évènement, qui aura également des retombées positives en matière de politiques climatiques et de gouvernance, de rayonnement de notre pays au niveau diplomatique ainsi que des retombées économiques", estime Jean-Luc Crucke, qui juge donc "nécessaire de faire porter cette COP par l'ensemble des Régions".

La Wallonie songe à organiser des évènements parallèles durant la COP, notamment une "COP de la jeunesse" qui donnerait aux jeunes l'opportunité de s'exprimer et de participer aux débats.

"Vu le caractère national du dossier", poursuit le ministre, la Wallonie propose de saisir le Comité de concertation afin d'entériner la volonté des entités de mener à bien ce projet. Dans ce cas, les entités auraient jusqu'au mois de juillet pour élaborer le dossier et organiser une première visite d'évaluation avec l'équipe du Secrétariat de la Convention tandis que la candidature belge devrait être communiquée officiellement lors de la COP25 organisée au Chili en janvier 2020.

Pour Jean-Luc Crucke, les chances de la Belgique de décrocher l'organisation de la COP26 ne sont pas nulles. Deux pays ont manifesté leur intérêt à accueillir l'évènement onusien, dont l'organisation reviendra au groupe des pays d'Europe de l'Ouest: le Royaume-Uni et l'Italie. "Or, dans le contexte actuel de Brexit et avec le nouveau gouvernement italien, la Belgique pourrait être un excellent pays hôte. De plus, la forte mobilisation des jeunes lors de leurs marches pour le Climat a attiré l'attention de l'ensemble des pays et pourrait être un élément supplémentaire pour appuyer la candidature belge", souligne le ministre wallon.

Un moment intéressée, la Suisse a jeté l'éponge fin 2016, invoquant un timing trop serré et un budget d'organisation pouvant aller jusqu'à 176 millions d'euros.

La première COP s'est déroulée en 1995 à Berlin. Si la Belgique était choisie pour l'organisation de la COP26, ce serait une première pour notre pays.