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Les problèmes de transports en commun, c’est presque une tradition ancestrale en Bolivie. Un peu comme la production de la feuille de coca. C’est simple, à La Paz, les gens ne parlent que de ça. La "trancadera" - comprenez, "les embouteillages" - n’en finissent pas d’agacer la population. Impossible de circuler aux heures de pointe : les routes sont bondées. Et le téléphérique, censé améliorer la situation, n’a pas vraiment changé la donne.

Perchée à 3 660 mètres d’altitude sur la Cordillère des Andes, La Paz est la capitale la plus haute du monde. La configuration particulière de la ville, qui présente un dénivelé de 1000 mètres entre différents points, explique l’engorgement des artères principales. Un seul axe routier relie les quartiers aisés du Sud de la ville aux quartiers défavorisés du Nord, situés sur le plateau El Alto, qui accueille également l’aéroport international.

Sur les deux millions d’habitants que compte la ville, ils sont 500000 à emprunter cette artère chaque jour pour aller travailler. Or la majorité des Boliviens, trop pauvres pour posséder leur propre véhicule, utilisent les minibus pour se déplacer. Et ce sont précisément les minibus qui seraient à l’origine du chaos que représente le trafic.

Les minibus de la terreur

Les chauffeurs conduisent à toute vitesse, ils s’arrêtent n’importe où sur le bas-côté pour déposer leurs clients et en faire monter d’autres, ils s’engouffrent entre les voitures et bloquent la circulation. A La Paz, on ne compte plus le nombre d’accidents impliquant des minibus. C’est presque devenu la routine.

Une loi a pourtant été adoptée il y a six ans pour renforcer la sécurité des usagers, sanctionnant les conducteurs de bus qui provoquent un accident sous l’emprise de l’alcool. Car jusqu’en 2010, en cas d’accident, la conduite en état d’ivresse avait plutôt tendance à être considérée comme une circonstance atténuante.

Un téléphérique en pleine ville

Pour désencombrer le trafic terrestre, le président Evo Morales a initié il y a quelques années la construction d’un réseau téléphérique urbain. Bien que d’autres moyens de transport - tel que le métro - aient été envisagés, le choix du téléphérique s’est imposé à la topographie atypique du lieu.


La première ligne, ouverte en 2014, effectue la liaison entre le centre-ville et le plateau El Alto. Dans les premiers mois qui ont suivi l’inauguration, les files d’attente ne désemplissaient pas : les Boliviens venaient en masse pour monter dans ces drôles de cabines.

Malgré des débuts enthousiastes, les habitants sont peu nombreux à utiliser le téléphérique quotidiennement. Le réseau compte aujourd’hui trois lignes, et d’autres sont à l’étude, mais ce sont en fait les touristes qui sont les principaux usagers de ce mode de transport urbain innovant. Car ce voyage aérien offre des vues imprenables sur le mont Illimani, qui domine la capitale. Situé à 6 000 mètres d’altitude, ce sommet est enneigé toute l’année et fait la fierté des Boliviens.