Planète

L'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C sera bien plus difficile à atteindre si des mesures à grande échelle ne sont pas prises d'ici à 2030 pour contenir l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, selon les experts du Giec.

Dans une version non définitive d'un rapport à paraître en avril, les membres du Groupe international d'experts sur le climat (Giec) font le point sur les différents scénarios de mesures d'atténuation du réchauffement. Ces mesures visent à réduire les sources de GES (efficacité énergétique, taxation du carbone, gestion des terres agricoles, soutien aux énergies non fossiles, etc.) ou à les capturer (reboisement, captage du carbone des usines, etc.) Les scientifiques estiment que seuls les scénarios prévoyant en 2100 des concentrations moyennes en GES comprises entre 430 et 480 ppm (particules par millions équivalent CO2) sont vraiment en mesure de limiter la hausse de la température moyenne du globe à 2°C. Au delà de 530 ppm, ce scénario est jugé improbable.

Or, les émissions de GES dans l'atmosphère ne cessent de croître (2,2% par an entre 2000 et 2010) et, si la tendance actuelle se poursuit, la concentration pourrait être de 450 ppm en 2030, et entre 750 et 1.300 ppm en 2100, selon le Giec. "Contenir les niveaux de concentration dans l'atmosphère (des GES) à 530 ppm ou en-deçà sera un défi plus difficile à relever, et les options pour y parvenir seront plus réduites, si les mesures de réduction des émissions sont reportées au-delà de 2030", écrivent les chercheurs dans un projet de texte. Les émissions de GES devront être réduites de 40 et 70% en 2050 par rapport à 2010, précisent-ils. Pour rester dans la fourchette 430-530 ppm, "la plupart des scénarios comprennent une multiplication par trois ou quatre des sources d'énergie faiblement carbonées telles que les énergies renouvelables, l'énergie nucléaire et l'énergie fossile adossée à des sytèmes de capture du carbone", avancent les auteurs du document.

L'analyse des études existantes démontre que pour limiter la concentration entre 450 et 550 ppm, au coût le plus faible, la plupart des investissements devront avoir lieu dans les pays hors OCDE. En 2010, la production d'énergie a représenté 35% des GES, l'agriculture et la forêt 24%, l'industrie 21%, le transport 14% et le bâtiment 6%. La communauté internationale s'est donné pour objectif de conclure fin 2015, lors de la conférence climat de l'ONU à Paris, un accord global et contraignant de réduction d'émissions de GES pour limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pre-industrielle.

30.000 manifestants à Berlin pour une agriculture plus verte

Quelque 30.000 personnes ont manifesté à Berlin samedi pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement et contre l'accord de libre-échange en négociation entre les Etats-Unis et l'Union européenne, soupçonné de "nuire aux agriculteurs et aux consommateurs" européens.

Sous le soleil et dans une ambiance bon enfant, les manifestants, flanqués de 70 tracteurs, se sont rendus à la chancellerie pour réclamer la fin d'une "politique clientéliste en faveur de l'industrie agro-alimentaire". Les organisateurs ont évoqué le chiffre de 30.000 manifestants.

Une centaine d'organisations et d'associations pro-environnementales et caritatives, mais aussi Attac et les labels d'agriculture biologique, avaient invité à manifester sous le slogan "ça nous gave!" en marge du Salon de l'agriculture de Berlin, l'un des plus grands du monde, qui se tient jusqu'au 26 janvier dans la capitale allemande et où se réunissaient samedi 72 ministres de l'Agriculture du monde entier.

"Ceux qui autorisent et subventionnent des élevages géants, qui misent sur l'export et le libre-échange et qui en plus songent à autoriser à la culture en Europe des plantes génétiquement modifiées laissent tomber leurs agriculteurs, et agissent contre les intérêts de consommateurs, animaux et environnement", a résumé dans un communiqué Jochen Fritz, l'un des organisateurs.

Les manifestants ont fustigé pêle-mêle les conditions d'élevage des animaux, les OGM et la concentration des terres agricoles aux mains de gros investisseurs, et réclamé une nourriture de meilleure qualité, un soutien plus actif aux jeunes agriculteurs, à l'agriculture biologique ou encore l'éradication de la faim dans le monde.

"La plus grande majorité des gens ne veulent pas de poulet chloré, de viande aux hormones et d'organismes génétiquement modifiés", a poursuivi M. Fritz. Selon les organisateurs, c'est toutefois exactement ce que les Européens trouveront dans leurs assiettes si l'accord de libre-échange actuellement négocié entre Washington et Bruxelles voit le jour.