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Commission baleinière internationale (CBI), clap 64e ! Après les péripéties de l’an dernier qui avaient vu la session annuelle se terminer en eau de boudin, les 89 pays membres de la CBI vont tenter de remettre les choses à plat afin de relancer une organisation qui tourne en rond depuis plusieurs années. Créée en 1946, celle-ci a pour mission d’assurer la conservation des populations de baleines en tentant de concilier les desiderata du groupe des pays traditionnellement favorables à la chasse aux cétacés et ceux des pays qui y sont opposés.

Deux sujets principaux dominent l’agenda de la réunion qui a débuté ce lundi et se poursuivra toute cette semaine à Panama : la création d’un nouveau sanctuaire baleinier dans l’Atlantique-Sud et la reconduction des quotas de pêche quinquennaux attribués à certains pays au titre de la chasse aborigène de subsistance.

Mais avant d’aborder ces points, les participants devaient d’abord s’accorder pour clarifier la règle du quorum à atteindre pour procéder aux votes lors de cette session plénière. L’an dernier, cet argument avait en effet été utilisé par les parties pro-chasse (emmenées par le Japon, l’Islande et la Norvège) qui avaient quitté la salle pour éviter un vote sur la proposition de sanctuaire poussée par le Brésil, l’Argentine et l’Afrique du Sud. Un projet également soutenu par la Belgique qui défend une limitation au strict minimum acceptable et une régulation minutieuse de toute activité liée à la capture ou à la chasse de baleines.

"Les deux dossiers sont liés, commente le commissaire belge à la CBI, Frédéric Chemay. Le renouvellement des quotas aborigènes est la contrepartie d’un accord sur le sanctuaire."

"On ressent une pression afin d’aboutir à des résultats. Si on parvient à débloquer la situation en engrangeant un accord sur ces deux sujets, on sera dans une bonne dynamique pour relancer les discussions qui ont été suspendues sur une réforme en profondeur de l’institution", poursuit notre interlocuteur.

Déjà recalée à deux reprises en raison de l’opposition du Japon, la question du sanctuaire de l’Atlantique-Sud (qui s’ajouterait à ceux existant dans l’Océan austral et l’Océan indien) a avant tout une portée symbolique pour les pays amis des baleines qui veulent montrer la volonté de la communauté internationale de s’opposer à la chasse. Ces pays souhaitent favoriser les activités d’observation qui ont des retombées économiques bien plus intéressantes pour les populations locales.

Les quotas aborigènes revêtent eux aussi une forte dimension symbolique. "Le comité scientifique estime que, sur la base des informations fournies par les quatre pays demandeurs (lire "Le Chiffre", NdlR), il n’y a pas de menace inacceptable et qu’on peut donc renouveler ces quotas. Le problème est que de manière générale, ces informations ne sont pas de bonne qualité, en particulier pour le Danemark qui souhaite augmenter son quota. Celui-ci doit strictement correspondre à des besoins locaux de subsistance, or il y a une accumulation d’informations qui montrent que l’on trouve de la viande de baleines dans un très grand nombre de restaurants pour touristes du Groenland."

De manière générale, depuis l’entrée en vigueur du moratoire sur la chasse commerciale en 1986, le constat est que des pressions de plus en plus diverses mettent à mal les populations de baleines. Parmi celles-ci, les collisions avec les navires font l’objet d’un groupe de travail présidé par notre pays. Celui-ci va s’atteler à définir un plan stratégique en la matière et à porter ce dossier devant l’Organisation maritime internationale.

Au rayon des nouveautés, l’Allemagne entend de son côté soumettre une résolution mettant en évidence les problèmes de santé publique liés à la consommation de viande de baleine - dont la chair est contaminée par divers polluants. L’Organisation mondiale de la santé sera d’ailleurs prochainement saisie de cette question.