Planète Que les climatosceptiques s'alertent : l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un nouveau rapport, ce jeudi 12 mai 2016. Celui-ci dresse un portrait de l'épais brouillard dans lequel notre monde s'enlise, grâce à un ensemble de données recueillies dans 3.000 villes du globe, dont 43 en Belgique. Les chiffres révèlent que 8 citadins sur 10 sont directement touchés par la pollution atmosphérique, mais pas seulement.

La concentration de particules en milieu urbain a grimpé de 8% sur cinq ans, preuve que le réchauffement est une histoire de vitesse. L'effet de serre appelle à plus d'effet de serre, et ce de façon exponentielle. Le phénomène induit de graves conséquences sanitaires : les particules que nous respirons parviennent à pénétrer les ramifications les plus ténues de notre système respiratoire, jusqu'à aller dans notre sang. Conséquence : la pollution a une incidence directe sur le taux de maladies respiratoires, cardiovasculaires et de cancers du poumon. 3 millions d'individus dans le monde ont perdu la vie en 2012, un chiffre qui se répète chaque année depuis.


© Nicolas Lowyck

Deux types de particules

L'OMS tire la sonnette d'alarme pour les pays émergents : « Si toutes les régions du monde sont touchées, les habitants des villes à revenu faible sont ceux qui en subissent le plus les conséquences ». En effet, les contrées développées de l'Occident sont enclines à faire des efforts : 56% 'seulement' des villes de plus de 100.000 habitants ne respectent pas les lignes directrices de l'OMS. A contrario, l'Inde, le Pakistan, la Chine, l'Arabie Saoudite ou l'Iran sont priés de porter leur bonnet d'âne.

"L'épais brouillard" est en réalité invisible, la plupart du temps, sauf en cas de smog, ces immenses nappes qui se forment au-dessus de mégapoles comme New York ou Pékin, quand les conditions climatiques permettent aux particules de se mêler à l'ozone. L'effet est alors visible. Ces particules sont divisées en deux catégories : les petites particules (PM2,5, pour 'particulate matter' en anglais) et les particules fines(PM10). Leur principale caractéristique est d'être en suspension dans l'air. Un certain pourcentage est d'origine naturelle et provient, par exemple, d'éruptions volcaniques ou d'incendies. L'écrasante majorité sort de nos pots d'échappement et de nos boilers.

Votre ville est sans doute dans le rouge

L'OMS propose son échelle pour mesurer la qualité de l'air : si les particules fines excèdent 20 microgrammes par mètre cube (µg/m3), la ville est trop polluée. Pour les petites particules, la valeur recommandée est de 10 µg/m3. 

Mauvaise nouvelle : en Belgique, seules quelques villes de la province du Luxembourg sont en-dessous des quotas. Grâce à notre carte interactive, retrouvez la vôtre.


© Nicolas Lowyck

En rouge : la ville la plus polluée
En vert : les deux villes les moins polluées