Planète

Former des hommes dans la station, cela aurait pris trop de temps. Pour connaître la géographie du lieu, il faut déjà deux mois." Lorsqu’à 1h23 du matin, dans la nuit du 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la station de Tchernobyl a explosé provoquant le plus grand accident nucléaire civil de l’histoire, Vladimir Verbitskiy n’a pas vraiment eu le choix. Rester ou fuir ? La question ne s’est même pas posée. "C’était un devoir", assure-t-il en russe dans son uniforme militaire, une casquette kaki vissée sur la tête.

Comme 300 000 hommes dans sa situation, le Biélorusse a été contraint de participer au processus de décontamination du site pour endiguer sans tarder la catastrophe. Au total, 600 000 personnes, dont la plupart avaient moins de 25 ans, ont nettoyé la zone pendant environ quatre ans. Beaucoup ont ensuite décidé de partir. Vladimir, quant à lui, travaille toujours ici.

"On connaissait les risques"

En voyant cet homme fringant malgré ses 55 printemps, on n’imagine pas que Vladimir ait passé trois décennies sur un site radioactif. Il est chanceux.

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