Planète Quel visage aura la production d’électricité "verte" en Wallonie en 2020 ? Le gouvernement wallon devrait approuver ce jeudi un plan spécialement concocté par Jean-Marc Nollet (Ecolo), le ministre régional en charge de l’Energie. Un vent favorable a soufflé jusqu’à nous la note qu’il va présenter aux autres membres de l’exécutif wallon. Au menu : photovoltaïque, énergie éolienne, géothermie, hydroélectricité, biomasse, etc. L’objectif : atteindre une production de 8 000 GWh (gigawatt-heure, l’unité de mesure de l’énergie) d’électricité renouvelable à partir du sol wallon. Attention, un second objectif plus fondamental encore se trouve en toile de fond : en effet, au-delà de l’offre d’électricité renouvelable, la part d’énergie verte consommée en Wallonie en 2020 devra peser 20 % de la consommation totale, soit 25 176 GWh. La production électrique pure va évidemment y contribuer.

Comment faire ? C’est bien l’objet du "plan Nollet", qui propose une répartition de l’effort entre les différentes technologies "propres" que la Wallonie peut exploiter sur son sol. Toutefois, pas de mesures concrètes ici : il s’agit de donner les lignes stratégiques pour l’avenir.

La bataille des éoliennes

Tout d’abord, l’électricité. Comme décidé la semaine dernière, dans le sang et les larmes, par les principaux ministres du gouvernement wallon, il a fallu réduire la voilure en matière d’éoliennes "on-shore" (terrestres).

Pour rappel, suite à une étude d’incidence et aux remarques des communes concernées par les implantations de mâts, le territoire wallon susceptible d’accueillir de nouvelles éoliennes a été réduit de 15 000 hectares. Résultat : l’objectif initial de 4 500 GWh d’énergie éolienne d’ici 2020 est passé à 3 800 GWh dans le plan Nollet.

A ces éoliennes "classiques", le ministre Ecolo ajoute entre 200 et 600 GWh de petites et moyennes éoliennes à implanter en bordure des autoroutes et des voies fluviales wallonnes. Toutefois, ce projet devra être d’abord validé par une phase de tests destinés à vérifier la faisabilité technique et l’opportunité économique de cette filière.

Par ailleurs, le plan Nollet ajoute aux éoliennes le photovoltaïque (1 250 GWh en 2020 au total pour les petites et les grandes installations), de l’hydroélectricité (barrages, etc.) pour 400 GWh, de la géothermie, de la production électrique à partir de la biomasse solide, le biogaz, le bioliquide… Pour obtenir donc, au final, une production d’électricité renouvelable de 8 000 GWh en 2020.

Mais on est encore loin de l’objectif de plus de 25 000 GWh de consommation d’énergie renouvelable…

Chaleur et transport "verts"

Pour atteindre ce seuil de 20 % de la consommation totale prévue en 2020, Jean-Marc Nollet additionne aux filières évoquées plus haut la part que la Wallonie peut réclamer dans la production éolienne "offshore" (3 200 GWh). Toujours loin du compte… Le secteur du transport va également apporter sa pierre à l’édifice : à l’horizon 2020, il devrait intégrer 10 % d’énergie renouvelable.

Mais l’artillerie lourde en matière de consommation d’énergie verte vient de la chaleur. Grâce à la production de chaleur renouvelable liée au solaire thermique, aux pompes à chaleur et surtout à la biomasse, 10 829 GWh devraient être trouvés. Ils permettront d’atteindre les fameux 20 % en 2020.