Politique belge

Le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), consultera à partir de mercredi les différents groupes politiques de l'assemblée pour trouver une manière de mener le travail législatif dans les semaines qui viennent. Il prendra note de leurs priorités et de la méthode qui leur convient, a décidé mardi la conférence des présidents de la Chambre. Pour le reste, le travail des commissions parlementaires reprendra mercredi. Le gouvernement, en affaires courantes depuis le 21 décembre, sera également soumis aux questions d'actualité le jeudi après-midi en séance plénière. Il s'agira toutefois de questions adaptées aux affaires courantes; en d'autres termes, elles ne doivent pas porter sur les intentions du ministre ou sur le respect de l'accord de gouvernement.

Dans la coalition gouvernementale, les libéraux ne cachent pas leur volonté de faire aboutir les projets de loi qui ont été déposés par le gouvernement et, pour certains, examinés voire votés. Il y aura également des initiatives parlementaires sur différents thèmes. Gare toutefois à ne pas lancer déjà la campagne électorale, a averti le chef de groupe Open Vld, Patrick Dewael, qui préfère commencer par des sujets d'ordre plus technique.

"Je plaide pour une continuité. Il ne faut pas que chacun vienne ici avec son programme électoral", a-t-il souligné.

Au MR, on souhaite préserver le budget fédéral à trois mois des élections. "On a plus de liberté mais cela implique aussi plus de responsabilité, notamment pour qu'il n'y ait pas de dérapage budgétaire", a averti le chef de groupe, David Clarinval.

L'opposition rappelle quant à elle qu'avec un gouvernement démissionnaire en affaires courantes, c'est le parlement qui reprend la main.

"Le gouvernement est démissionnaire, minoritaire et en affaires courantes. C'est le parlement qui reprend la main et décide de son agenda. Nous prendrons nos responsabilités pour répondre aux attentes de la population en utilisant les pouvoirs que nous donne la Constitution", a expliqué le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej.

A l'instar des autres partis francophones, les socialistes ont déjà fait connaître leurs priorités, tant pour augmenter le pouvoir d'achat qu'en matière climatique ou de sécurité.

Il ne reste que trois mois avant la dissolution des Chambres et le coup d'envoi de la campagne électorale. "Chaque jour, chaque semaine comptent. Il n'y a pas de raison de remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même", a ajouté M. Laaouej.

"Si chacun sort des petits jeux politiques, on pourra travailler de façon concrète. Il est possible, majorité et opposition, de se rejoindre sur une série de thèmes importants: l'énergie, la mobilité, la santé, la sécurité", a dit de son côté la cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck.

Idem dito du côté Ecolo: Georges Gilkinet a assuré de la volonté des écologistes d'avancer sur des "dossiers urgents", en matière énergétique (gestion de la sortie du nucléaire, responsabilisation financière d'Engie), en matière sociale (statut des aidants proches, relèvement des allocations sociales minimales) ou sur un dossier comme la lutte contre l'obsolescence programmée.