Politique belge

Le Premier ministre belge Charles Michel est arrivé lundi peu après 09h00 à la Conférence de l'Onu sur le pacte migratoire organisée Marrakech.

Il n'a fait aucune déclaration. Lundi et mardi, les Etats y confirmeront leur engagement à soutenir le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, un texte non-contraignant sur lequel la majorité belge s'est déchirée pendant de longues semaines avant que la N-VA ne quitte finalement le gouvernement.

Plus de 150 pays sont représentés à Marrakech, une centaine d'entre eux, dont la Belgique, y ayant envoyé un ministre ou un chef de gouvernement.

Guterres tend la main aux réfractaires et incertains

Le secrétaire général de l'ONU a tendu la main à Marrakech aux réfractaires ou, comme la Suisse, ceux qui ont reporté leur décision sur le Pacte mondial des migrations. Juste avant l'adoption de l'accord, Antonio Guterres a souhaité lundi qu'ils en voient la "valeur". Ces derniers jours, plusieurs responsables onusiens comme la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet ou la secrétaire de la Conférence de Marrakech Louise Arbour avaient ciblé la Suisse sans la nommer.

La seconde avait estimé dimanche soir "particulièrement regrettable" qu'un pays qui a co-facilité 18 mois de négociations sur le Pacte décide de ne pas le soutenir dans l'immédiat. "Je ne peux qu'espérer" que ces pays "verront la valeur du Pacte pour leurs propres sociétés et rejoindront cette entreprise commune", a dit M. Guterres au début la conférence de deux jours.

Il a battu en brèche les affirmations "fausses" sur le Pacte et sur les migrations. L'accord n'est pas contraignant, a-t-il répété. Le texte ne permet pas à quelqu'un d'aller où il veut mais réaffirme au contraire la souveraineté des Etats.

Les migrations ont lieu surtout des pays du sud vers d'autres pays du sud. Les pays développés ont besoin de migrants face à la baisse du taux de fertilité et la stagnation de l'économie, a-t-il rappelé. "Les populations vont souffrir sans migrants", a-t-il également dit.

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Parmi les 258 millions de migrants, 80% se déplacent déjà de manière "sûre et ordonnée". Mais 60.000 sont décédés en près de 20 ans, une "honte collective", selon M. Guterres. Le Pacte doit améliorer la collaboration et "les politiques nationales seront de loin plus probablement couronnées de succès" avec cet arrangement, selon lui.

Au total, quasiment tous les pays avaient soutenu le Pacte lors de son approbation par l'assemblée générale de l'ONU en juillet, y compris la délégation suisse. Seuls les Etats-Unis s'en étaient alors déjà désolidarisés. Ont suivi depuis la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, l'Autriche, l'Australie, l'Italie, la Bulgarie, Israël, la Slovaquie, la Lettonie ou encore l'Estonie. Certains rejettent l'accord et d'autres ont reporté leur décision. En Suisse, le Conseil fédéral souhaitait s'associer au Pacte. Mais la question a été portée sur le terrain parlementaire où la discussion s'est emballée jusqu'à en faire une thématique dans la course de candidats au gouvernement.

Le Conseil fédéral qui a fini par revoir sa position et reporter son soutien, face à la volonté du Parlement de pouvoir trancher. Au total, 159 Etats sont présents à Marrakech, dont au moins une centaine à un niveau ministériel. Une douzaine chefs d'Etat et de gouvernement sont prévus, dont la chancelière allemande Angela Merkel.

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