Politique belge

Charles Michel, qui a été nommé ce mardi formateur d'un gouvernement fédéral en duo avec Kris Peeters (CD&V), était l'invité du journal télévisé de RTL TVI puis de la RTBF ce mardi soir. Revenant sur sa mission d'information commencée il y a plusieurs semaines, le chef de file du Mouvement réformateur a déclaré sur la chaîne publique que, malgré des "difficultés nombreuses", il avait "mené un travail discret, [ce qui est] un gage de confiance".

"Il y avait deux possibilités", a ajouté Charles Michel: "Revivre une crise institutionnelle ou mettre en place dans un délai raisonnable un gouvernement susceptible de prendre des décisions économiques et sociales." Ce dernier projet implique pour le MR de collaborer avec l'Open Vld, le CD&V et surtout... la N-VA. Pourtant, Charles Michel assurait durant la campagne qu'il n'était pas question de s'associer au parti de Bart De Wever... D'où ce rétropédalage dans les règles: "Il y a des éléments qui ont changé". Pour Charles Michel, "le danger c'était une confrontation entre le PS et la N-VA, ce qui ramenait une guerre institutionnelle et communautaire. Quand c'est le cas on ne réussit pas à prendre les décisions sur le plan social et le plan économique".

Peut-on alors lui coller une étiquette de menteur? Éludant la question, Charles Michel pointe au passage la "déception de Laurette Onkelinx qui a assuré des fonctions ministérielles durant un quart de siècle". Et d'ajouter: "Il est certain que le programme de la N-VA n'est pas le programme du MR. Ce qui est important, c'est que, après les élections, la N-VA a pris des engagements publiquement. J'ai eu l'occasion durant ma mission de vérifier que, si on démarrait des négociations avec quatre formations politiques, il y avait des engagements forts. Notamment de se consacrer exclusivement aux questions économiques et sociales."

"Pas de discussions à propos de fonctions sur le plan fédéral"

A propos de ses adversaires socialistes, Charles Michel explique que "les positions politiques très conservatrices du PS rendaient impossible tout accord avec les partis flamands. Sur le plan économique et social, c'est le PS qui a mis des freins sur l'assainissement budgétaire." Dans ce contexte, peu importent les projets de la N-VA. M. Michel retient surtout ceci: "Il y a un front de trois parti flamands qui mettent l'institutionnel de côté. C'est une bonne nouvelle pour le pays."

Quant à savoir qui fera quoi dans un futur gouvernement, "au moment où on se parle il n'y a pas de discussions à propos de fonctions sur le plan fédéral". La participation de celui qui est aussi président du MR à ce même gouvernement fédéral ne serait même "pas à l'ordre du jour".

Enfin, juste après sa rencontre avec le Roi, Kris Peeters avait lâché: "On va parler aussi avec le CDH parce qu'il est peut-être possible de le convaincre." Une volonté partagée avec le MR? "Il appartient au CDH de faire son analyse de cette situation", a simplement commenté Charles Michel. "Si le CDH souhaite apporter son soutien pour apporter de la stabilité, c'est une possibilité qui est envisagée", avait-il dit un peu plus tôt sur RTL TVI.

Pour Peeters, "la porte est entrouverte" pour le CDH

De son côté, Kris Peeters a nuancé les choses, disant ne pas vouloir "indéfiniment mettre beaucoup d'énergie" pour convaincre le CDH de se joindre aux négociations en vue de former un gouvernement. "Si le CDH est prêt [à participer à ces discussions], il y a alors une ouverture", a-t-il confié mardi soir lors de l'émission "Terzake" (Canvas). "Mais, c'est clair, la porte est entrouverte", a-t-il poursuivi, ajoutant que c'était Charles Michel lui-même qui avait souhaité tendre une main en direction des humanistes. "Il appartient maintenant au CDH de prendre ou pas cette main tendue", a conclu le chrétien-démocrate flamand.