Politique belge

Pour les militants les plus combatifs de la FGTB, la date devait être une apothéose. Dans le bras de fer qui l’oppose au gouvernement fédéral, le syndicat socialiste - rejoint par une partie de la CSC - avait décrété une grève générale pour le vendredi 24 juin. Le jour J, le mot d’ordre a été suivi. Partout en Belgique, les transports publics, les secteurs industriels et les grands magasins ont été largement paralysés. Pour quel résultat ? Entre Brexit et Diables rouges, l’impact médiatique de l’action a été amoindri.

Une semaine plus tard, certains syndicalistes sont amers. "Une démonstration de force sans lendemain, juste avant les vacances, ça n’avait aucun sens" , grince une figure de la CSC. Dans les appareils syndicaux, plusieurs voix déplorent une fuite en avant, alimentée notamment par le PTB. "Dans certaines entreprises, ce parti est devenu très influent . La FGTB n’est plus maître de ses troupes. Cela dit, je mentirais en disant que la CSC n’est pas du tout concernée" , rapporte Béatrice Louviaux, secrétaire principale de l’aile liégeoise de la CSC-Metea, regroupant les ouvriers du métal et du textile. La formation marxiste-léniniste jouerait, auprès de la base, le rôle d’agent provocateur. "Difficile de savoir qui est PTB et qui ne l’est pas, mais il y a des comportements à caractère pétébiste. On voit des meneurs, des gens qui ont du charisme et une facilité d’expression."

Gardiens de prison

Le point de vue est loin d’être partagé par la majorité des acteurs syndicaux. Des observateurs avertis, parmi lesquels d’anciens membres du PTB consultés par "La Libre", repèrent toutefois une concordance frappante entre la rhétorique révolutionnaire du parti et les slogans employés par la CGSP, la centrale des services publics de la FGTB, pour justifier ses actions jusqu’au-boutistes à la fin du mois de mai. Les récents blocages déclenchés par les gardiens de prison et les chauffeurs de bus témoigneraient aussi de l’ascendant pris par le PTB.

N’est-ce pas accorder à celui-ci trop de pouvoir ? "C’est toujours comique qu’on nous attribue la capacité de déclencher des mouvements ici ou là" , ironise David Pestieau, vice-président du parti. "Il y a des endroits où on a vu des grèves apparaître et où nous ne sommes pas du tout actifs. A Andenne et à Dinant, les premières prisons à avoir rejeté l’accord du ministre Koen Geens, nous n’avons même pas de section. En Wallonie, on n’a presque pas de militants parmi les agents pénitentiaires. On en a beaucoup plus en Flandre."

Fantasme

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