Didier Reynders sous pression

V.R. Publié le - Mis à jour le

Politique belge

L’informateur royal, Didier Reynders, entame une semaine cruciale. Ce lundi, il doit terminer de voir - pour la troisième fois déjà - les formations politiques qui pourraient participer à une réforme de l’Etat. Et ce n’est pas rien. En tout, il a 9 chapelles à visiter : celle de la N-VA, du PS, du SP.A, du CD&V, du CDH, du MR, de l’Open VLD, d’Ecolo et de Groen!. Voilà Didier Reynders transformé en marathonien.

Cela paraît d’ailleurs déjà un peu trop pour certains, en Flandre principalement. Dimanche midi, sur le plateau de la VRT, les ténors des plusieurs partis nordistes ont indiqué que le moment était venu de faire le tri entre les neuf formations politiques actuellement concernées par la négociation institutionnelle et d’écarter sans délai celles qui sont en trop. "On veut savoir avec qui nous allons finalement négocier, a ainsi clamé Alexander De Croo, le président de l’Open VLD. Le concept de course par élimination ne vaut que pour la compétition cycliste, pas pour la politique, car il mène à miner la confiance."

Le patron de la N-VA, Bart De Wever, n’a pas vraiment dit autre chose. Présent sur le même plateau de télévision, il a affirmé ne pas "être intéressé par l’histoire des Dix Petits Nègres qui ferait disparaître un parti après chaque strophe". Pour lui, c’est maintenant qu’il faut choisir les partis qui pourraient négocier une réforme de l’Etat et un programme de gouvernement. Même chose au CD&V où l’on dit refuser une course par élimination.

Cette sortie, assez unanime, répond comme en écho aux critiques des trois partis francophones de l’Olivier - PS, CDH et Ecolo - à l’égard de l’informateur, qui avaient jugé la semaine dernière que Didier Reynders était allé un peu vite en besogne en proposant de travailler autour d’une formule incluant les partis de l’actuelle majorité, et la N-VA. PS, CDH et Ecolo avaient estimé - et estiment toujours - que l’ex-président du MR était sorti du cadre de la mission qui lui était fixée.

Paul Magnette, l’étoile qui monte au PS, a d’ailleurs bien soigneusement tenu à rappeler, devant les caméras de la RTBF, ce qui était demandé à Didier Reynders: voir si un accord concernant BHV était possible au sein de son propre parti. Car si le MR paraît prêt à accepter les concessions dans le domaine institutionnel, la question de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde reste particulièrement sensible pour l’une de ses composantes, le FDF. Bernard Clerfayt a tenu à faire valoir, à la RTBF toujours, que son parti s’était toujours inscrit dans une tradition de compromis. Mais on doute qu’il ait vraiment rassuré les partis flamands.

Didier Reynders devra répondre à cette question s’il veut imposer sa formation à une table des négociations dont il a été écarté pendant sept mois. Et sans trainer : dix jours tout au plus. Car on sent bien que ses partenaires ne lui laisseront pas mener sa mission beaucoup plus longtemps que le 1er mars. Sinon ? Ce sera l’échec. Des élections? Pas sûr. Le quotidien "De Standaard" évoquait ce week end la possibilité de voir une tripartite classique se mettre en place. Sans la N-VA. Mais cela reste un scénario-fiction.

V.R.

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