Politique belge

Sur RTL, ce mercredi soir, un match au sommet était annoncé... Charles Michel, président du MR (et Premier ministre) a affronté en direct Elio Di Rupo, président du PS (et ancien Premier ministre). Plusieurs thèmes ont été abordés : le pouvoir d’achat, le climat, les pensions. Comme on pouvait s’en douter, les dossiers socio-économiques ont clairement occupé l’essentiel des discussions entre les deux leaders politiques.

Le pouvoir d’achat au cœur du débat

Animant l’émission, Laurent Haulotte, le directeur de l’information de RTL, s’est très vite rendu compte que le patron du MR et le patron du PS revenaient inlassablement sur les questions de fiscalité, de salaires, de bien-être, alors que le débat avait déjà évolué sur les sujets environnementaux. “C’est apparemment très difficile pour vous deux de parler du climat”, a-t-il commenté…

Les libéraux et les socialistes partagent en effet le même souci d’améliorer la situation matérielle des Belges mais divergent quant aux solutions à apporter. Pour faire simple, le MR préfère booster l’économie et le pouvoir d’achat des ménages en baissant les impôts tandis que le PS parle, par exemple, d’augmenter le salaire minimum ou encore de globaliser les revenus (deux idées imbuvables pour le MR).

Il y a eu quelques querelles de chiffres, bien entendu, mais un élément potentiellement important pour l’après 26 mai peut être mis en évidence : Charles Michel et Elio Di Rupo ont soigneusement évité de s’exclure l’un l’autre dans le cadre des futures négociations aux différents niveaux de pouvoir.

Pas d’exclusions réciproques

Interrogé en fin d’émission à ce sujet, Charles Michel a répondu qu’il était candidat à sa reconduction au 16, rue de la Loi, “si c’est pour y mener un projet qui développe économiquement le pays et émancipe les gens”. On le sait favorable à une nouvelle coalition de centre droit, y compris avec la N-VA, mais l’actuel Premier ministre a évité de le répéter en présence d’Elio Di Rupo.

Quant au président du PS, il a clairement annoncé qu’il refusait d’exclure le MR de futurs pourparlers. “Nous refusons par contre de négocier avec la N-VA”, a-t-il précisé. Elio Di Rupo pourrait envisager de diriger à nouveau le gouvernement fédéral pourvu que la coalition en place soit “la plus progressiste possible”.

Charles Michel plus à l’aise

Pour le reste, on notera que Charles Michel avait décidé d’adopter une attitude particulièrement calme et sereine alors que, ces derniers mois, il n’a pas hésité à “incendier” les partis de gauche et la FGTB à chaque fois qu’il en avait l’occasion. Sans doute, en termes de tactique de com’, voulait-il montrer qu’il restait avant tout le Premier ministre et qu’il se devait d’être au-dessus de la mêlée.

Le président libéral, maîtrisant bien ses dossiers, a tout de même mis Elio Di Rupo en difficulté à plusieurs reprises, notamment quand il a critiqué le programme socialiste et les diverses gratuités qu’il promet aux citoyens (“l’option de l’illusion”, selon Charles Michel). Ou encore quand il a accusé le PS de vouloir établir un “cadastre de l’épargne” (en vue de la taxer).