Politique belge

Atteint d’une maladie insidieusement progressive que l’on décrit pudiquement longue et pénible, l'historien Eric Defoort, ancien vice-président de la Volksunie et co-fondateur de la N-VA, est décédé à l’âge de 73 ans dans la nuit de vendredi à samedi. Se battant depuis plusieurs années contre “le crabe”, il a donc dû s’incliner face à sa destinée... ce qui n’était pas vraiment dans les gènes de cet éternel battant de la cause flamande mais aussi de la culture française.

Historien avisé, Eric Defoort était passé de l’observation et de l’analyse à l’action militante au sein du Mouvement flamand ce qui l’amena entre autres à présider le Vlaamse Volksbeweging mais aussi d’être le dernier vice-président de la Volksunie de 1998 à 2001. Ayant choisi dans la lutte fratricide finale du parti nationaliste le camp de Geert Bourgeois et de Bart De Wever, au sein du “Oranjehofgroep” alors qu'il était pourtant très progressiste, il se retrouva parmi les fondateurs de la N-VA avant de poursuivre son combat pour l’émancipation des peuples au sein de l’Alliance Libre européenne (ALE). Mais tout flamingant qu’il fût, Eric Defoort fut aussi le plus francophile de tous les nationalistes nordistes qu’il nous ait été donné de rencontrer...

Nous nous souvenons ainsi d’une rencontre à la veille des élections législatives de juin 2010 où, une fois encore, une fois de plus, il nous avait bluffé par sa grande culture française...


"Verhaeren et d'autres appartiennent à la Flandre!"

“Je suis le fils de cette race/Dont les cerveaux plus que les dents/Sont solides et sont ardents/Et sont voraces.” Récitant de mémoire ce poème d’Emile Verhaeren extrait du recueil “Les forces tumultueuses”, Eric Defoort pouvait être franchement lyrique. Rien d’artificiel dans son chef: il aimait la culture française depuis toujours. Celle de France mais aussi celle de Flandre: “Verhaeren et bien d’autres encore appartiennent à la Flandre ! Même Maeterlinck, qui avait pourtant dit que le flamand était un jargon vaseux ! Ne nous les volez pas !”

Francophile donc -”Il connaît bien mieux la culture française et le français que moi”, nous avait confié Bart De Wever- il était en même temps un militant nationaliste flamand démocrate jusqu’au bout des ongles qui se retrouva donc à la tête des élus régionalistes au Parlement européen.