Politique belge

C’est LA question qui va occuper le milieu politique les prochains mois. Un mot d’abord pour comprendre l’enjeu. La Belgique s’est engagée auprès de la Commission européenne à réduire son déficit budgétaire. L’année 2012 s’est terminée avec un déficit de 2,9 %. Ce n’est pas mal, quand on voit que la plupart des pays européens sont bien au-delà. C’est juste un peu décevant car l’objectif était de 2,8 %. En 2013, le gouvernement voudrait réduire le déficit à 2,15 % puis à 1,2 % en 2014, l’objectif étant d’atteindre l’équilibre en 2015. Mais est-ce faisable, est-ce tenable ?

Déjà, lors de la confection du précédent budget, la vice-Première ministre socialiste, Laurette Onkelinx, avait posé la question : faut-il maintenir le même rythme d’assainissement ? D’autres l’avaient rejointe, au SP.A, notamment. Samedi, dans "Le Soir", Paul Magnette, le nouveau président du PS, a remis la question sur le métier. "Oui, il faut revoir le rythme de l’assainissement. C’est le bon moment d’avoir un débat sur ces questions : c’est quoi la rigueur budgétaire juste ?, c’est quoi la rigueur qui ne met pas en péril les fondamentaux de l’économie ?"

Samedi aussi, dans les colonnes de "La Libre", Joëlle Milquet a émis la même remarque : "Croire qu’on peut s’imposer aveuglément des 4,5 ou 6 milliards d’économies chaque année quand la croissance est exsangue, c’est déraisonnable. Doit-on absolument arriver à 1,1 % en 2014, sachant qu’il faudra un peu d’oxygène pour la relance de l’économie et de l’emploi ?"

Cette idée est très mal reçue au nord du pays à l’Open VLD et au CD&V. Pour les libéraux francophones aussi, l’assainissement budgétaire doit être "total et définitif". Un responsable libéral explique : "Les libéraux ont le sentiment que les socialistes veulent geler ou neutraliser l’assainissement budgétaire de manière à ne pas devoir assumer - face à leur base inquiète - les réformes courageuses que la Belgique doit pourtant prendre. Il faut poursuivre l’assainissement et aussi faire de la relance économique. L’un ne va pas sans l’autre. On a besoin d’assainissement pour favoriser la relance et on a besoin de relance pour maintenir et renforcer l’assainissement".

Les libéraux ne refuseront donc pas que l’on adapte à la marge le rythme de l’assainissement budgétaire, mais dans l’ampleur souhaitée par les socialistes.