Politique belge

Le parti a immédiatement bloqué leurs adresses mail, et ils ont dû se trouver d’autres bureaux au Parlement… Hendrik Vuye et Veerle Wouters ont claqué la porte de la N-VA mercredi dernier. Dans les médias, ils avaient critiqué l’adhésion de leur ex-président à l’idée d’un gouvernement "Michel II" après 2019, sans nouvelle réforme de l’Etat. Une sortie inacceptable pour Bart De Wever, qui les a exclus du bureau de parti et leur a repris les commandes du centre d’études sur le confédéralisme, "Objectief V". Les deux députés fédéraux ont alors décidé de quitter la N-VA. Désormais sans parti, ils sont toutefois prêts à poursuivre le combat nationaliste.

Ça va être dur pour la N-VA de vous avoir désormais dans le dos à la Chambre dans un rôle d’opposition sur le plan communautaire. A chaque concession envers les francophones, vous hurlerez au loup.

Veerle Wouters (V. W.) : Oui, c’est le résultat. Bart De Wever a même dit qu’on allait faire l’œuvre de notre vie en attaquant la N-VA. C’est exagéré. Ce qui compte, c’est l’émancipation de la Flandre, pas la destruction de la N-VA.

Hendrik Vuye (H. V.) : Il y avait un problème de contenu. Quand Bart De Wever déclare qu’il y aura un gouvernement "Michel II" en 2019, c’est un point de vue qui n’avait pas été concerté en interne. Avec cette communication, le sol s’est dérobé sous nos pieds car, nous, on travaillait sur le communautaire dans notre think tank Objectief V. A la demande de Bart De Wever, d’ailleurs. Comment aurions-nous pu figurer sur une liste N-VA en 2019 avec un simple agenda socio-économique au programme ? Non, nous n’allons pas nous concentrer sur la N-VA, mais nous allons faire entendre la voix du nationalisme flamand démocratique à la Chambre.

Une voix que la N-VA ne fait plus entendre ?

H. V. : En effet.

La N-VA est devenue "belgicaine" ?

V. W. : La N-VA a dit qu’elle se taisait sur le communautaire pendant cinq ans. On comprend bien que les ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement fédéral restent discrets sur le communautaire. Ils sont quand même tenus par l’accord de gouvernement. Mais on n’entend plus le parti, ni les parlementaires du groupe N-VA. Ils ont même peur de poser des questions à leurs ministres…