Politique belge

Une pile d'examens repose sur la table du salon de Nicolas Baygert. Pour cet enseignant de l'ULB et de l'Ihecs, la période est évidemment chargée suite aux épreuves de janvier. Ce trentenaire loquace a cependant dégagé un peu de temps pour décortiquer, sans concession, la communication déployée par les principaux leaders politiques belges. Nicolas Baygert est l'Invité du samedi de LaLibre.be.


En relançant les débats sur l'avenir institutionnel belge, Bart De Wever peut-il réellement rassurer son propre électorat et le mouvement flamand ?

C'est une stratégie de survie idéologique pour le projet politique de la N-VA. Jean-Pierre Rondas, qui gère Doorbraak.be (NdlR : un site web flamingant), disait dernièrement que si la N-VA continuait à se taire sur le communautaire, elle finirait par perdre sa raison d'être. Des signaux rassurants doivent être envoyés au mouvement flamand. Contrairement à d'autres formations, la N-VA a ce luxe de disposer d'une identité politique forte voire d'un projet de société. Elle se doit de préserver ce capital qui constitue son "core business". Bien qu’au pouvoir au fédéral, la N-VA doit donc revenir aux fondamentaux à travers la voix de son président pour prouver que son offre politique reste d’actualité. Une situation identique se poserait si un PS au pouvoir disait "pendant 5 ans on met le social au frigo" ou un Ecolo "pas d'environnement".

PS, CDH, Ecolo réagissent de façon virulente à chaque déclaration de Bart De Wever. Est-ce nécessaire de se positionner contre lui ?

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Elio Di Rupo est plutôt effacé. En tant qu'ancien Premier ministre, il ne peut faire autrement ?

En devenant Premier ministre, il a gommé ses signaux naturels envoyés vers son électorat, il s'est neutralisé en tant que socialiste pur jus pour se placer au-dessus des partis, au-dessus de la mêlée avec succès. Une fois qu'on a gommé tout cela et qu'on est devenu presque une icône folklorique, y compris en Flandre, c'est très difficile de reprendre les habits du militant. Ses sorties sont aujourd'hui teintées d'amertume, tantôt en multipliant les mea culpa quant aux mesures prises durant son mandat de Premier ministre, tantôt par un ton revanchard. Cette posture l’oblige à constamment justifier un bilan quelques fois dans la même ligne de ce qu'il reproche au gouvernement actuel, notamment dans la dite "chasse aux chômeurs". C'est assez dévastateur d’un point de vue communication politique !

Il devrait davantage regarder vers l'avenir que vers le passé ?

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Le MR bruxellois, dans l'opposition, a un boulevard pour se faire entendre. Or, il semble inexistant. Comment l'interpréter ?

C'est avant tout un problème de casting. Didier Reynders est président de la régionale du MR mais il a aussi d'autres rôles plus en vue, comme celui de ministre des Affaires étrangères. On ne l'identifie donc pas de prime abord comme l'homme fort des libéraux à Bruxelles. Parmi les leaders du MR dans la capitale, il manque des figures émergentes ou des personnalités fortes combinant capital sympathie et ancrage local. C'est le grand malheur du MR depuis la disparition de Jacques Simonet. Les Vincent De Wolf, Alain Courtois, Armand De Decker ou Françoise Schepmans n’incarnent pas le renouveau, leur notoriété médiatique est déclinante ou moindre que celle d’autres compétiteurs.

En Wallonie, Paul Magnette semble avoir la stature de leader, incarner sa Région. Or, et malgré le transfert de compétences, le gouvernement wallon ne pèse pas encore énormément médiatiquement...

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