Politique belge

Si les employeurs et les syndicats ne trouvent pas de terrain d'entente pour dégager un accord salarial, les employés des secteurs fragilisés ou des petites entreprises risquent d'en être les victimes, estime le ministre de l'Emploi et de l'Economie Kris Peeters (CD&V) dans une interview accordée à De Zondag dimanche. Il voit encore des possibilités pour sortir de l'impasse. Des mouvements de grève et des actions syndicales sont prévus dans tous les secteurs et à travers tout le pays le 13 février à l'appel du front commun syndical.

Les syndicats jugent la marge salariale de 0,8% pour 2019 et 2020 (en plus de l'indexation et des augmentations barémiques) insuffisante alors que le patronat s'en tient à la marge permise dans le cadre de la loi (révisée) de 1996 sur la compétitivité des entreprises.

"La grève prévue mercredi prochain est un échec de la concertation sociale, mais les syndicats ont quitté la table des négociations trop vite", estime le ministre Peeters. "J'ai discuté mardi avec les employés et les employeurs en présence du Premier ministre. J'ai appris à cette occasion qu'il y a encore des possibilités. J'espère que la concertation à partir du 14 février disposera à nouveau de toutes ses chances."

Si les syndicats et les employeurs ne parviennent pas à un accord salarial, le gouvernement devra trancher. Or cela s'avère très difficile pour un gouvernement en affaires courantes, selon Kris Peeters, car le soutien du parlement est nécessaire. "C'est une raison de plus pour que les employeurs et les employés parviennent à un accord: s'ils ne réussissent pas, chacun sera alors libre. Ce qui signifie que les secteurs eux-mêmes devront négocier, sans cadre ni norme. Les employés des secteurs fragilisés ou des petites entreprises risquent d'en être les victimes", suggère le ministre.