Politique belge La sandwicherie s’appellera le Pti C’Roch. Associée ? Sa conseillère particulière, administratrice d’intercommunale et compagne à la ville.

Balayé en janvier dans la tourmente du scandale Publifin, l’ancien ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan rebondit dans les… sandwichs : il apparaît dans les statuts déposés vendredi passé d’une SPRLqui s’appellera… Le Pti C’Roch ! À 54 ans, le toujours député-bourgmestre de Thuin se lance dans l’Horeca avec, comme associée, sa compagne Anne-Sophie Herbé.

Mme Herbé ? C’est cette personne que des médias reprochaient à Paul Furlan d’avoir engagée depuis 2009 comme "conseillère particulière" dans son cabinet de bourgmestre. "Conseillère particulière", qui bénéficiait en tout cas d’un statut privilégié qui la dispensait de pointer.

Et Mme Herbé cumulait : employée à la ville de Thuin, conseillère provinciale et entre autre aussi administratrice à l’Intercommunale d’électricité du sud du Hainaut.

Huit jours après ces révélations, Paul Furlan démissionnait de son poste de ministre.

Hier, Paul Furlan confirmait : "Ma compagne reprend une sandwicherie, le Pti C’Roch. L’ouverture est prévue le mois prochain, après rafraîchissement et rénovation des lieux. Nous ne sommes pas mariés et n’avons pas l’intention. Alors, avec cette SPRL, l’objectif est de nous prémunir. Voilà : j’aide ma compagne".

Et si Paul Furlan administrateur investit dans l’affaire, Anne-Sophie Herbé est désignée gérante du Pti C’Roch, rue ‘t Serstevens. Et l’ancien ministre nous parle d’hamburgers bien juteux dont l’énoncé des recettes suffit à faire saliver.

Quant à le voir en tablier ou au fourneau ? "Non, non", sourit celui qui ne fait par contre pas mystère de sa décision de se représenter l’an prochain, et briguer un nouveau mandat.

Huit mois après sa démission , le socialiste reste amer. Son analyse de l’affaire ? "Publifin était un problème liégeois. On en a fait un problème de gouvernement sur lequel je n’avais ni le contrôle ni l’initiative. Je n’étais pas au courant des activités chez Nethys de mon chef de cabinet-adjoint Claude Parmentier. Je les ignorais. Il me les avait tues. Et je constate comme chacun que si la ministre qui m’a succédé (Valérie De Bue, MR, NdlR) est en poste depuis déjà plusieurs mois, le décret qu’on nous annonçait est, lui, toujours dans le même état".