Politique belge

Le "chaos" politique actuel est de la responsabilité exclusive du MR et de la N-VA. Le PS ne prendra pas l'initiative pour faire chuter le gouvernement mais il ne craint pas des élections anticipées, a affirmé dimanche son président, Elio Di Rupo. Le moindre mal serait un gouvernement d'affaires courantes, a ajouté Paul Magnette. Samedi, les propos tenus dans la presse par plusieurs ténors de la N-VA appelant plus ou moins explicitement à la tenue d'élections législatives anticipées, ou posant leurs conditions pour accorder leur confiance au gouvernement minoritaire "orange bleue" du Premier ministre Charles Michel, ont provoqué des réactions dans les rangs libéraux.

Le président du MR, Olivier Chastel, a ainsi considéré que la N-VA avait "manifestement tout orchestré" pour faire chuter le gouvernement fédéral "et provoquer des élections anticipées avec le PS".

Le vice-Premier ministre Open Vld Alexander De Croo avait embrayé en affirmant que si la N-VA ne démontrait pas son intention de "parachever le travail des quatre dernières années", alors "ils choisissent des élections" et c'est le président du PS Elio Di Rupo qui en serait "le plus content".

Les socialistes rejettent dimanche cette volonté des libéraux de leur faire porter la responsabilité de la crise avec la N-VA. "Le PS rappelle que la situation politique chaotique est de la pleine et entière responsabilité du MR et de la N-VA. La crise vient d'eux et exclusivement d'eux", a affirmé le parti dans un communiqué. Assurant ne pas vouloir amplifier le chaos, M. Di Rupo répète que "le PS ne prendra pas l'initiative pour précipiter des élections anticipées".

"Jusqu'au terme de la législature, les socialistes continueront, avec la même vigilance que celle qui a prévalu depuis 2014, à défendre les protections sociales, la santé, les pensions, le pouvoir d'achat, des services publics de qualité, une énergie durable accessible à tous ou encore les libertés individuelles", énumèrent-ils.

Sur le plateau de la chaîne de télévision RTL-TVi, Paul Magnette, porte-parole du PS pour la campagne électorale, a ajouté que "le moindre mal (serait) un gouvernement en affaires courantes" jusqu'aux élections prévues en mai.

Le président du sp.a, John Crombez, n'est lui non plus pas favorable à des élections anticipées. Comme le PS, il ne se dit prêt à soutenir le gouvernement que si ce dernier change radicalement de cap.

Le Premier ministre est attendu à la Chambre mardi après-midi. Il devra y répondre à des interpellations sur la situation politique, après le vote mercredi soir d'une motion initiée par le PS et soutenue par la N-VA qui lui demande de présenter avant mardi un programme politique et de solliciter la confiance. Une manoeuvre dans laquelle Charles Michel a vu une tentative de déstabilisation, alors qu'il recherche des accords avec les chefs de groupe de l'opposition à la Chambre.

Mais un soutien de la N-VA nécessitera que M. Michel soit "la marionnette" de ce parti, a prévenu l'ex-ministre N-VA Jan Jambon.

"Si, par l'attitude du Premier ministre et donc du MR, des élections anticipées devaient quand même intervenir, le PS ne les craint pas", ajoute M. Di Rupo. Il juge que dans ce cas, "un choix clair" s'offrira aux électeurs de Bruxelles et de Wallonie entre la poursuite d'une politique "dure, froide, déconnectée de la réalité, néfaste et nuisible" d'une coalition MR/N-VA renouvelée ou "le changement porté par le PS".