Politique belge

Pour résumer la situation, faisons simplement remarquer ceci : il y a un peu plus d’un an, les nationalistes étaient le plus petit des trois partenaires au sein de l’exécutif flamand. Aujourd’hui, la N-VA pèse plus lourd que le CD&V et le SP.A réunis, ce qui crée une situation assez inédite à la Région. La N-VA ne dispose, en effet, que de deux ministres au sein de l’équipe de Kris Peeters, contre sept à ses partenaires. Or, même au niveau fédéré, on est encore en tout début de législature – celle-ci ne se termine qu’en 2014 – et, à ce niveau de pouvoir, il n’y a jamais d’élections anticipées. Qui vivra verra…

On pourra toujours dire qu’il ne s’agit que d’un sondage, mais cette évolution s’inscrit dans la droite ligne du résultat des législatives de juin. Apparemment, plus que jamais, les Flamands veulent du changement et, pour eux, c’est Bart De Wever (lire aussi ci-contre) et son parti qui incarnent cette perspective de changement.

La marche en avant des nationalistes ne semble pas près de s’arrêter. Ils progressent de 4 %. Et 4 %, c’est de toute façon davantage que la marge d’erreur de cette enquête. Bref, plus que jamais, ils sont incontournables partout.

A côté de cette évolution historique de la politique flamande, tout le reste semble un peu anecdotique. En gros, tous les autres partis perdent des plumes – sauf, curieusement, le Vlaams Belang – et personne ne se demandera bien longtemps dans quelle direction les plumes en question ont bien pu s’envoler. Mais il y a quand même un parti qui semble (encore) plus mal en point que les autres : l’Open VLD.

Les libéraux perdent à nouveau près de 2 % (à 11,8 %), se rapprochent même dangereusement de la barre des 10 % et semblent politiquement totalement hors jeu. La stratégie suivie par Alexander De Croo, président du parti et tombeur du gouvernement fédéral, n’est pas des plus claires et ne convainc visiblement pas les électeurs.

Pour les autres formations, celles qui, depuis le 13 juin, ont été à des degrés divers parties prenantes des différents processus de négociation, rien ne change vraiment. Le CD&V descend un peu : 16,6 % au lieu de 17,3. Le SP.A, Groen ! et la Lijst Dedecker font pratiquement du surplace.

Enfin, le Vlaams Belang reprend donc 0,5 % et, dans la foulée, la 4e place du classement à l’Open VLD.

© La Libre Belgique 2010