Politique belge

Ils ne l'avoueront jamais, mais les présidents de parti scrutent les résultats des divers baromètres politiques avec attention. Surtout à l'approche d'élections majeures comme celles de dimanche prochain (les niveaux de pouvoir régional, fédéral et européen sont concernés).

Grâce à ces photographies de l'opinion publique à un moment donné, il est possible d'évaluer les rapports de force en présence, de deviner les résultats finaux dans les urnes ou encore de rectifier une campagne mal embarquée.

Toutefois, dans la classe politique, plusieurs ténors préféreraient que les sondages ne puissent pas être diffusés à l'approche de la date du scrutin afin de ne pas influencer le résultat.

Mais est-ce bien le cas ? Et si une "influence" est exercée sur les électeurs, de quelle nature est-elle ?

Controverses politologiques

En fait, les politologues et autres sociologues spécialistes de la question ne sont pas d'accord entre eux. Certains auteurs estiment que les sondages n'influencent pas le choix final des citoyens. Au mieux, les confortent-ils dans leurs convictions, le vote étant surtout déterminé par l'environnement familial et professionnel dans lequel on évolue.

D'autres auteurs, par contre, estiment qu'une telle influence est plausible même si elle est très difficilement mesurable.

Deux grands mécanismes seraient à l'œuvre.

Le premier repose sur la versatilité des électeurs qui seraient attirés par le parti donné gagnant par les sondages. C'est humain et très psychologique : le soir des élections, on préfère être dans le camp des vainqueurs que dans le camp des vaincus. Autrement dit, une formation politique pourrait être portée par les sondages positifs (par exemple, Ecolo) et capter de plus en plus de votes grâce à cette spirale positive.

Le "coup de fouet" d'un mauvais sondage

Le second mécanisme d'influence se fonde au contraire sur le coup de fouet que peuvent donner de mauvais sondages à un parti annoncé battu par les intentions de vote : les militants et les candidats vont alors redoubler d'efforts dans la campagne pour renverser la tendance. De même, des électeurs qui étaient tentés par d'autres partis vont revenir vers la formation pour laquelle ils votaient historiquement afin de ne pas contribuer à sa défaite.

Mais, on le comprend aisément, ces deux mécanismes opposés ont tendance à s'annuler l'un l'autre.

Bref, on peut raisonnablement penser que les sondages politiques ont une influence sur les électeurs... mais rien ne prouve qu'ils aient une influence sur le résultat des élections.