Politique belge

C'est tout le problème des formations politiques données gagnantes par les sondages : elles focalisent sur elles les attaques des autres partis durant la campagne électorale. C'est exactement ce que vivent les verts depuis plusieurs semaines. Annoncé aux alentours des 20% en Wallonie et à Bruxelles, Ecolo ne pouvait qu'agacer. En particulier le MR, car la marge de progression électorale des écolos se trouve notamment dans le vivier des électeurs libéraux.

Récapitulons.

En début de campagne, Ecolo s'est fait allumer par une vidéo du MR dans laquelle l'ancienne ministre libérale Sabine Laruelle, issue du monde rural, laissait entendre que les verts voulaient taxer la viande. La mesure ne se trouve toutefois pas dans le programme d'Ecolo. Les libéraux se justifiaient en disant que certains mandataires de Groen, le parti frère d'Ecolo au nord du pays, avaient tenu des propos ambigus sur la question du prix de la viande. Quoi qu'il en soit, la polémique a fait rage et a pu faire des dégâts en donnant d'Ecolo l'image inquiétante d'une formation atteinte de "rage taxatoire".


De même, à l'égard du programme socio-économique des verts, les attaques ont été féroces. Entre autres, les propositions d'Ecolo de procéder à une péréquation cadastrale ou encore à une réforme fiscale dans le but de globaliser les revenus des particuliers ont été dénoncées par le MR (et par le CDH). Encore hier soir, d'ailleurs, lors du grand débat des présidents de parti sur le plateau de la RTBF.

Il y a eu aussi, bien sûr, le fameux tract des verts de Saint-Josse (dont la députée Zoé Genot) visant à rappeler quelques idées d'Ecolo aux électeurs musulmans de Bruxelles. Ecolo, expliquait ce document de campagne, est en faveur du port du voile dans les écoles ou encore de l'abattage rituel des animaux sans étourdissement. Le tract était fondé en partie sur la base de réponses fournies par Ecolo au test électoral de La Libre. Pas dans notre programme électoral officiel, ont répondu les verts. Mais, à nouveau, la polémique va laisser certainement des traces : selon ses adversaires, Ecolo serait tombé dans le "communautarisme" en brossant certains électeurs dans le sens du poil…


Une polémique... étonnante

Et ce jeudi, encore une polémique… fort inattendue. Zakia Khattabi, dans le cadre d'une interview chez nos confrères de L'Echo, a accusé Gaia, l'association de protection des animaux, d'avoir appelé à voter pour… le Vlaams Belang. 

Réaction de l'association, par communiqué de presse, à ces déclarations : "Gaia n’a jamais appelé à voter pour le Vlaams Belang". L'avocat de Gaia a été chargé de mettre en demeure Zakia Khattabi et de la citer pour diffamation devant le Tribunal de Bruxelles. 

En fait, Gaia avait interrogé les partis politiques sur leur position par rapport à l'abattage sans étourdissement. Ecolo avait répondu (comme le PTB ou encore le PS) qu'il était contre une interdiction de ce mode d'abattage. 

Ensuite, Gaia avait diffusé les réponses des différentes formations auprès du grand public. Et le document, regroupant les partis en faveur et ceux contre l'interdiction, contenait des éléments graphiques (une case de bulletin de vote coloriée en rouge) laissant penser que Gaia appelait à voter, notamment, pour le Vlaams Belang (qui est pour l'interdiction, vous suivez toujours ?). Zakia Khattabi, du coup, refuse de s'excuser. Bref. 

Sur le plan politique, Ecolo, à trois jours des élections, se permet une querelle publique avec une association dont les verts devraient en principe être proches… Ici aussi, cela pourrait laisser des traces dans l'esprit des électeurs. Même parmi les plus fidèles du parti environnementaliste.