Politique belge

Ce n’est pas le député fédéral socialiste le plus connu. Ce n’est pas non plus le moins travailleur. Sébastian Pirlot, qui est aussi bourgmestre de Chiny en province de Luxembourg depuis 2006, a décidé de quitter le Parti socialiste.

C’est la télévision locale TVlux qui a annoncé la nouvelle après avoir constaté que Sébastian Pirlot, fraîchement réélu à la tête de sa commune pour six années supplémentaires, avait décidé, comme bourgmestre, de ne pas s’apparenter à un parti politique. Le mécanisme de l’apparentement permet de déterminer le nombre de sièges qu’un parti (national) peut compter au sein du conseil d’administration des différentes intercommunales auquel une commune est affiliée. Sébastian Pirlot ne siégera donc dans aucune intercommunale.

Mais la conséquence la plus lourde pour son parti réside dans le fait qu’il ne sera pas candidat lors du méga-scrutin du 26 mai. On ne le verra pas se porter candidat à la Chambre où il siège depuis 2014, ni au Parlement wallon où il a déjà siégé durant 10 ans et encore moins au Parlement européen.

Ce départ est une tuile pour la fédération socialiste de la province et pour son président Philippe Courard. Sébastian Pirlot est ce qu’on appelle dans le jargon “une machine à voix”. Très populaire dans sa province de Luxembourg, l’homme a toujours brillé lors des différents scrutins auxquels il s’est présenté. Le PS devra donc s’en passer dans une province où le PS a besoin de locomotives face à un CDH bien implanté et à un MR avec qui il lutte pour la deuxième place.

Sébastian Pirlot terminera loyalement son mandat à la Chambre avant de se replier complètement sur sa commune pour six années qui seront peut-être les dernières de sa carrière politique. “Après 16 ans comme parlementaire, je vais retrouver du temps pour ma commune, pour faire autre chose et surtout du temps pour ma famille !” précise-t-il.

Les réseaux sociaux

Il n’est pas tendre, par contre, avec son parti. S’il assure n’avoir aucun problème avec sa fédération provinciale, c’est plutôt avec le Boulevard de l’Empereur – siège du PS à Bruxelles – qu’il en a un. “Je suis lassé de voir le fonctionnement du parti socialiste. Quand je vois qu’un président de 67 ans (NdlR – Elio Di Rupo) s’autodésigne tête de liste à la Chambre et que son successeur Paul Magnette fait de même pour l’Europe, tout en s’empressant de dire qu’il ne siégera pas, je ne me reconnais plus dans ce parti. À 47 ans, je veux retrouver ma liberté.”

Il pointe encore la manière de, désormais, faire de la politique en s’appuyant sur les réseaux sociaux : “Quoi qu’on fasse, nous, responsables politiques, sommes de plus en plus décriés. Et quand je vois comment certains collègues parlementaires tombent dans le populisme et dans la course aux réseaux sociaux… je n’ai plus envie de ça !” conclut-il.