Politique belge

Trois des principaux chefs de file du parti socialiste, Elio Di Rupo, Paul Magnette et Laurette Onkelinx ont présenté dimanche à la presse un "contrat", signé par l'ensemble des têtes de liste, par lequel le PS s'engage sur dix priorités. Il appelle l'électeur à conforter cet engagement dans les urnes le 13 juin.

Partant de son programme socio-économique et institutionnel, le PS défend des mesures censées "améliorer la vie quotidienne" des citoyens pour un montant global chiffré entre 5 et 7 milliards d'euros largement compensé, assure-t-il, par le fruit d'une meilleure lutte contre la fraude fiscale et le "recyclage des intérêts notionnels". Outre l'engagement à une "défense ferme des francophones avec le courage d'aboutir à une solution équilibrée" lors des négociations institutionnelles, le PS invite le citoyen à juger son action au bout de la législature, s'il est invité à participer aux travaux de la majorité, sur le développement d'emplois de qualité, une "pension digne à tous", un "renforcement de l'accès à la santé par tous", plus de sécurité, et une meilleure régulation de la finance. Il s'engage également à ce qu'à l'instar du plan Marshall en Wallonie, l'action du futur gouvernement fédéral soit pilotée selon des objectifs chiffrés et une évaluation.

Pour stimuler l'économie, le PS demande notamment un recyclage des intérêts notionnels qui selon la Banque nationale ne profitent qu'à hauteur de 20% aux PME, principales pourvoyeuses d'emploi dans le pays, a souligné Paul Magnette. Le PS demande 500 millions pour le refinancement de Bruxelles qui, en raison de l'évolution de sa démographie, va notamment être confrontée à des manques dans l'accueil de l'enfance et l'offre scolaire, a rappelé Laurette Onkelinx. "Cette demande de refinancement ne pourra être le fruit d'un donnant-donnant, c'est une nécessité", a-t-elle précisé, se félicitant que ce point de vue semble de plus en plus partagé au nord du pays.

Quant aux autres chiffres, le PS prévoit notamment 300 millions d'euros pour la sécurité, 100 millions pour le relèvement des allocations familiales, 300 millions, sur base annuelle, pour continuer la revalorisation des pensions, 1,2 milliard (sur quatre ans) pour les allocations sociales. Il entend recycler 800 millions d'euros des intérêts notionnels au profit de l'emploi. A côté de cela, il s'engage à oeuvrer à la récupération de montants de la fraude fiscale oscillant entre cinq et sept milliards d'euros, notamment en renforçant l'ISI. "C'est de l'ordre du possible, ce n'est pas utopique sachant que certaines études tablent sur dix milliards à récupérer", a indiqué le président du PS, Elio Di Rupo. D'autres sources de recettes potentielles seront encore détaillées par le parti socialiste dans les prochains jours, a annoncé M. Di Rupo. "D'autres poches de revenus vont permettre d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015 selon la trajectoire prise", a-t-il dit, tablant sur des revenus oscillant entre sept et dix milliards d'euros.

Le président de l'Open Vld, Alexander De Croo, avait lancé au début de la semaine le débat sur les chiffres budgétaires à l'aune des années de rigueur qui s'annoncent. "Je ne voulais pas laisser en peine ceux qui croient que la politique est un jeu, que cela se passe comme dans un Conseil d'administration avec des chiffres", a indiqué M. Di Rupo juste avant de s'engager par signature auprès de l'électeur. "Dans ce contrat, le PS ne vous promet pas l'impossible", assure le Boulevard de l'Empereur.