Politique belge

Le porte-parole du PTB et chef de file du parti marxiste à la Chambre, Raoul Hedebouw, a dénoncé mardi l'exclusion de sa formation des discussions en cours au niveau fédéral en vue de composer un nouveau gouvernement, tout en annonçant le dépôt d'une "note ambitieuse" aux négociateurs francophones qu'il devait rencontrer en fin de matinée à Namur.

"Au niveau fédéral, on a été éjecté sans même avoir été entendu. Mais que PS et Ecolo n'aient pas daigné demander aux informateurs qu'on soit reçu, n'est pas un bon signe. Sur le principe on a pourtant voix au chapitre. Car si le fédéral décide un deuxième tax shift, cela a un poids (au niveau régional, ndlr)", a-t-il affirmé lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio.

Les deux informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, ont affirmé jeudi dernier avoir constaté à travers les différents contacts qu'ils ont eus l'impossibilité de former un gouvernement fédéral avec le Vlaams Belang ou le PTB.

"C'est une première étape bloquée, car les deux niveaux de négociation sont importants, le tax shift ou le plan d'investissement décidé au niveau fédéral ou les allocations familiales transférées aux Régions. Tout cela est lié", a dit mardi M. Hedebouw.

Il a qualifié ce refus d'associer le parti marxiste aux discussions de mauvais signal donné à l'électeur.

"Le stade des informations sert uniquement à discuter. Qu'est-ce que cela va être alors lorsque vont vraiment commencer les négociations?", a-t-il ajouté.

Le député de gauche radicale s'est dit "méfiant" à propos des consultations politiques entamées par le président du PS Elio Di Rupo et l'ancien ministre-président wallon Paul Magnette en vue de la formation de majorités pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ils doivent recevoir le PTB mardi à 11h00 et Ecolo mercredi.

M. Hedebouw ne désespère pas de convaincre le PS de former une coalition de gauche, avec les Verts - et donc sans le MR.

Lors des discussions avec les négociateurs du PS, il entend déposer "une note ambitieuse" portant sur une dizaine de points jugés essentiels, comme le logement, la fin de "la chasse aux chômeurs", le développement des transports en commun publics et la réduction des salaires des députés et des ministres. "Ce n'est pas un gadget, c'est une rupture en politique", a assuré le porte-parole du PTB.