Politique belge

L’un représente l’avenir du PS, l’autre gouverne déjà le MR. Les deux sont doués, intelligents, stratèges, ils sont de la même génération. Tout devait opposer Paul Magnette, le Carolo socialiste, universitaire à tendance dilettante, et Charles Michel, le Brabançon stakhanoviste devenu Premier ministre d’une majorité anti-socialiste. Magnette replié à l’Elysette, Michel barricadé au "16"… La rivalité personnelle, presque naturelle, de ces deux talents de la politique se doublait d’une funeste rivalité entre niveaux de pouvoir concurrents.

Flash-back. Début avril 2015, les entités fédérées et le fédéral se rencontrent dans le cadre du comité de concertation. L’ambiance est lourde. Les Régions ont découvert que la nouvelle loi de financement allait leur faire perdre 750 millions (il n’en sera rien finalement). Alors, lors de la réunion, les leaders se toisent, les dents grincent. Paul Magnette ne peut s’empêcher de mordre : "Ça va, Charles, tu peux nous effacer ton sourire narquois !" "Paul, ressaisis-toi", réplique locataire du "16". Didier Reynders devra intervenir en recadrant Paul Magnette : "On ne s’adresse pas comme ça au Premier ministre."