Politique belge

L’élue CDH a été désignée pour remplacer Joëlle Milquet. Elle a déjà été ministre de l’Éducation. Mais dans un tout autre contexte.

A 38 ans, Marie-Martine Schyns n’est plus une novice.

Romaniste de formation, professeur de français pendant dix ans à l’Institut Saint-Michel de Verviers, députée wallonne et cheffe de groupe à la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’élue CDH originaire de Herve remplaça Marie-Dominique Simonet au ministère de l’Education pendant un an en juillet 2013.

À l’époque, elle assura la fin de la législature avec une bonne note globalement partagée. Désireuse de poursuivre la politique initiée par Marie-Dominique Simonet, elle favorisa une politique de terrain en engageant ou poursuivant de nombreux appels à projet, dont notamment le projet “Décolâge” qui se veut une alternative au redoublement pour lutter contre le décrochage scolaire.

Juge et partie ?

Son passé d’enseignante fut par contre diversement apprécié. Si certains pouvoirs organisateurs et syndicats se félicitaient de sa réelle connaissance du terrain et de son intérêt pour de nombreux dossiers (dont le décret inscription ou la problématique du manque de places dans les écoles bruxelloises), d’autres regrettaient qu’elle ne puisse prendre de la hauteur à l’occasion de certains dossiers.

On remarquait qu’elle était fortement marquée par son réseau qu’est le réseau libre”, explique Roberto Galluccio, administrateur-délégué du Cpeons, l’enseignement des communes et des provinces. “Sur le dossier des cours de citoyenneté par exemple, on la sentait un peu juge et partie.

Sera-t-elle donc à la hauteur pour reprendre les chantiers importants initiés par Joëlle Milquet, dont le Pacte pour un enseignement d’excellence censé revoir le fonctionnement global de l’enseignement francophone belge ? C’est difficile à dire expliquent de nombreux observateurs. “On espère qu’elle aura le courage d’assumer des arbitrages politiques qui ne sont jamais faciles à prendre face à la multiplicité des acteurs de l’enseignement”, s’interroge un acteur du Pacte.

Eugène Ernst, le secrétaire général de la CSC, se montre prudent et ne veut en aucun cas disqualifier d’emblée la future ministre. “Entre 2013 et aujourd’hui, les circonstances sont très différentes”, précise-t-il. “Cette fois, les enjeux et les chantiers sont très importants. Plus importants qu’en 2013. Il est difficile de savoir si son expérience sera suffisante pour la servir dans un tel contexte.