Politique belge Les deux partis vont donc négocier un accord de gouvernement régional. Et ce, sans l'Open VLD, qui reste dans l'opposition, tout comme le sp.a qui y est poussé

Les partis de Bart De Wever et de Kris Peeters n'avaient pas caché leur volonté de gouverner ensemble, tant au niveau régional que fédéral. Même l’ACW, l’aile gauche du CD&V, fortement affaiblie depuis quelque temps, ne s’était pas opposée à un gouvernement "des droites".

Malgré les antagonismes, notamment sur le programme institutionnel, les électeurs du CD&V et ceux de la N-VA se sentent souvent frères ou cousins. D’aucuns rêvent toujours de reconstituer un cartel. Donc, le CD&V a décidé de tout faire pour garder la N-VA à bord à tous les niveaux de pouvoir.

Les négociations entre les deux formations débuteront mardi. Geert Bourgeois et Kris Peeters ont été désignés par leurs partis respectifs pour devenir coformateurs du gouvernement régional flamand.


Une large majorité

Comme le montre le graphique ci-dessous sur la répartition des sièges du Parlement flamand, la N-VA et le CD&V bénéficient d'une large majorité puisqu'ils totalisent 70 sièges sur les 124 au nord du pays.

Une conférence de presse de Kris Peeters et Bart De Wever s'est tenue à 17h ce vendredi.

L'Open VLD critique et menace

Le parti libéral flamand a réagi de façon très sévère par voie de communiqué. "La N-VA et le CD&V ont opté pour le même chemin irresponsable que le PS et le cdH. Tout le monde sait qu'on a besoin des libéraux pour former un gouvernement fédéral sans le PS. En entamant cette formule, il est impossible de former un gouvernement économique de croissance. Ceci est le début de blocages infinis. Nous rappelons que notre programme est un et indivisible et nous ne sommes pas disposés à entrer dans un gouvernement fédéral si nous ne pouvons pas marquer de notre empreinte la politique régionale. Nous ne nous distancierons pas de ce principe."


Le veto de l'Open VLD n'aura toutefois pas d'influence sur sa situation à Bruxelles

Le veto émis par la présidente de l'Open VLD à une participation des libéraux à un gouvernement fédéral sans participation à un gouvernement flamand restera sans influence sur la situation de ce parti au niveau bruxellois, où il a par ailleurs fait part jeudi de ses réticences, partagées avec le CD&V, à ouvrir des négociations avec les FDF, côté francophone, a-t-on appris vendredi de source bien informée dans les couloirs de l'Open VLD bruxellois.

Le chef de file de l'Open VLD Guy Vanhengel étudie actuellement de quelle manière les partenaires néerlandophones pourront obtenir la garantie que les FDF qui n'ont pas soutenu la réforme de l'Etat ne viendront pas à la charge pour faire peser leurs exigences institutionnelles sur les négociations et/ou un programme gouvernemental régional. L'obtention préalable de telles garanties devrait permettre l'ouverture de négociations proprement dites, a-t-on indiqué à même source.

Sur le plan formel, il ne devrait pas y avoir de contacts avant lundi entre Laurette Onkelinx et Guy Vanhengel qui ont respectivement débroussaillé le terrain jusqu'à présent dans les groupes linguistique français et néerlandais.

Globalement, il ressort de contacts pris vendredi dans l'entourage de plusieurs négociateurs potentiels, que le climat n'est pas à la crise ou à l'inquiétude démesurée.

Mais certains laissent aussi entendre que dans un domaine où le symbolique pèse souvent autant que le réel, entre francophones et néerlandophones, il faut avant tout veiller à ne pas rater cette première marche de l'escalier censé mener à la formation d'un gouvernement dont la stabilité est jugée indispensable pour relever les défis sociaux et économiques de la capitale.


Les gouvernements travailleront les uns contre les autres, déplore Groen

Le président de Groen, Wouter Van Besien, s'en est pris vendredi au CD&V. L'annonce de l'ouverture de négociations avec la N-VA pour la formation d'un gouvernement flamand mènera à des "gouvernements qui travailleront l'un contre l'autre", a-t-il regretté. "La première victime en sera la bonne gestion dont nous avons pourtant grand besoin". Le CD&V a mené une campagne en faveur d'un gouvernement social, a fait remarquer M. Van Besien. Selon lui, ce n'était que des paroles: les chrétiens-démocrates ont fait le choix résolu d'une alliance de droite conservatrice.

"Ce que j'avais dit avant les élections est aujourd'hui devenu réalité. Le CD&V range les voix progressistes dans un tiroir et fait une coalition de droite avec la N-VA. Beaucoup d'électeurs se sentiront trompés maintenant que le CD&V se met à l'eau comme le petit partenaire de la droitière et conservatrice N-VA. Les progressistes ne doivent plus rien chercher du côté du CD&V", a-t-il ajouté.