Politique belge

Bien entendu, c’est off Ce sont des traces non attribuables mais particulièrement significatives du climat de détestation cordiale qui règne actuellement entre responsables politiques du Sud et du Nord du pays.

Oui, vraiment le respect se perd Il y a quelques dizaines d’années, les négociateurs francophones et flamands se connaissaient, s’appréciaient, s’invitaient l’un chez l’autre. Les enfants des francophones allaient apprendre le néerlandais chez le collègue néerlandophone en vacances à la mer. Les Wallons recevaient les petits Flamands pour des séjours toniques en Ardenne. Il y avait encore de vraies familles politiques, de vrais liens politiques mais aussi amicaux. Un exemple : le pacte d’Egmont négocié en 1977. Même si ce pacte a finalement été dénoncé par le CVP de l’époque, la négociation s’était déroulée dans la meilleure ambiance qui soit. Et pourtant, elle faisait se côtoyer des personnalités aussi différentes qu’Antoinette Spaak (FDF) et Hugo Schiltz (Volksunie). Entre l’élégante francophone et le gentleman flamand, le courant passait bien et même s’ils étaient mus par des idéaux très différents, ils avaient la volonté d’arriver à un véritable compromis. Plus tard, la distanciation entre francophones et flamands s’est accentuée. Elle peut expliquer, en partie, la difficulté croissante de nouer des accords institutionnels et la longueur des crises politiques. Car à chaque négociation, les négociateurs doivent d’abord passer un temps infini à découvrir l’autre, à connaître sa psychologie, sa stratégie, ses limites personnelles et politiques. Depuis quelques années, les discussions institutionnelles sont très vives. La méconnaissance réciproque des élus francophones et flamands explique en partie cette difficulté.

Morceaux choisis et extraits virulents des récentes conversations avec de nombreux acteurs politiques francophones et flamands. Veuillez noter : les propos les plus choquants n’ont pas été retranscrits

-Un francophone à propos de Bart De Wever : "Ce type est vraiment pathologique. Je suis persuadé qu’il a un problème. D’ailleurs, jamais il ne regarde son interlocuteur dans les yeux. Il a toujours un regard fuyant. De plus, il n’a aucune résistance physique. Il suffit que la négociation se prolonge un peu la nuit pour qu’il donne des signes de fatigue et de faiblesse. Alors, pour se reconstituer il mange, il mange. Des gaufres. Beaucoup de gaufres..."

-Un flamand à propos du Parti socialiste : "C’est de la torture de négocier avec les socialistes, c’est physiquement devenu difficile de s’asseoir en face d’eux. Nous sommes différents d’eux à tous les niveaux, absolument sur tous les points. C’est fondamental. Irréversible. Nous ne nous comprenons sur rien. Nous n’arriverons à rien, ils donnent des notes qui ressemblent plus à des manifestes du parti communiste qu’à autre chose. C’est l’enfer. Depuis quatre mois, nous vivons en enfer."

-Un francophone à propos de Bart De Wever : "Le problème est qu’il ne sait pas négocier Parfois, il lui arrive d’accepter certaines choses, puis il retourne devant son Stratego Group où il se fait complètement déshabiller. Alors, il revient et nous refait chaque fois le même coup : avec sa petite voix doucereuse, il nous dit : je suis vraiment désolé, désolé, mais je ne peux pas accepter l’accord. Désolé Je me suis trompé, je n’aurais pas dû dire "Oui" "

-Un Flamand à propos de Laurette Onkelinx et de Joëlle Milquet : "Onkelinx, c’est la pire, elle hurle, elle crie, elle s’agite mais elle ne fait plus peur à absolument personne. Elle brasse du vent. Ce sont des débiles, en fait. Elles ne comprennent rien à rien. Quand Milquet et Onkelinx sont ensemble sur un plateau de télévision ou dans un studio, c’est un peu comme un asile de demeurés."

-Un francophone à propos de Bart De Wever : "Ce type est une horreur. Il a un mépris à l’égard des francophones. Et des autres Flamands aussi d’ailleurs. Si les gens connaissaient la vérité le pays exploserait. I-NI-MA-GI-NA-BLE !"

-Un Flamand à propos d’Elio Di Rupo : "Di Rupo ne comprend pas grand-chose. Il est lent. Il n’a pas compris que s’il voulait une chance d’être Premier ministre il fallait qu’il se bouge un peu. Non, au lieu de ça, il ne fait rien et il se contente de se maquiller. D’ailleurs, tout le monde sait très bien quand une négociation est foutue et qu’on peut rentrer chez soi : Di Rupo quitte la salle précipitamment avant tout le monde et court aux toilettes pour se maquiller : il veut être parfait devant les caméras de télévision pour bien passer dans les interviews."

-Un francophone à propos de Bart De Wever : "Il n’est pas à l’aise avec les francophones, qu’ils soient socialistes, humanistes, écologistes Pourquoi n’est-il pas à l’aise ? Mais tout simplement parce qu’il n’est pas à l’aise avec lui-même ! Il se fout des journalistes, il se moque des gens. Tout ce qu’il distille en permanence auprès des journalistes, c’est de l’intox permanente. Nous avons affaire à un type C’est quelque chose d’épouvantable. Il nous leurre tous : c’est un double visage permanent. Dès qu’il est un peu coincé, il a mal au cœur, il a des virus "

-Un Flamand au sujet du PS : "Di Rupo ne sait absolument rien décider tout seul, il faut chaque fois qu’il ait sa chef de cabinet Anne Poutrain à côté de lui. Si elle hoche la tête, on sait déjà que Di Rupo dira "Oui" . C’est comme ça. Il considère Magnette comme un minus, d’ailleurs on ne voit jamais Magnette nulle part, à part sur les plateaux de télévision. C’est simple, c’est le seul socialiste qui sait parler trois mots de flamand. Pour Di Rupo, il n’y a qu’Onkelinx et Poutrain qui existent."

-Un francophone sur Bart De Wever : "Le problème, c’est la personnalité du type. Ce type est un vrai autoritaire, très malin. Il considère les autres partis flamands comme des moins que rien, répétant sans arrêt qu’il représente en fait 80 % des Flamands. Il a l’air comme cela d’un nounours gentil. Mais on s’est vite rendu compte qu’en fait, c’était un grand menteur. Il n’a pas respecté ses promesses politiques. Tout en étant très autoritaire, il a, à ses côtés à la N-VA, des plus radicaux que lui. Sa grande peur est de casser la N-VA. Dès qu’on le conteste, il prend ses grands airs, croyant qu’on essaye d’humilier tous les Flamands."

-Un Flamand sur Joëlle Milquet : "Milquet, on sait que c’est une folle, c’est elle qui peut faire échouer un accord si un jour on atteint un résultat avec le PS. Parce que le PS est toujours prêt à vendre les autres et vendre les sujets sur lesquels il n’a aucun intérêt. D’ailleurs, c’est ce qui s’est passé, le PS n’en a strictement rien à faire de la périphérie bruxelloise. Ils sont toujours prêts à lâcher des dossiers auxquels le CDH tient beaucoup comme les allocations familiales ou la Justice."

-Un francophone sur les Flamands : "Ou bien on arrive à leur faire entendre raison. Et on trouve une solution raisonnable. Ou bien, il faut une solution plus structurelle. Mais ils ne veulent pas : quand on leur dit : "Partez, prenez votre indépendance" , en fait, ils ne veulent pas parce qu’ils veulent piquer Bruxelles ! A l’échelle du monde, la Flandre, sans Bruxelles, c’est quoi ? Qu’est-ce que cette région avec une langue de zouaves, là ? Qu’est ce que c’est que cela pour un bazar ?"

Bien entendu, tout ceci est off Et cet article s’autodétruira quand vous en aurez achevé la lecture