Politique belge

La ministre de l’Energie envisage toujours de poursuivre Electrabel.

Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l’Énergie, est sereine en ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement en électricité cet hiver. “Nous sommes passés d’une situation problématique à une situation tout à fait normale”, a-t-elle déclaré hier au cours d’une conférence de presse. “Je pense vraiment que nous sommes à l’abri d’une pénurie d’électricité”.

Qu’est ce qui rassure la Tournaisienne ? Il y a, bien sûr, le retour anticipé de Tihange 3, qui apporte 1000 MW inespérés à la Belgique. Pour rappel, le réacteur devait initialement être hors d’état de produire jusqu’à la fin de l’hiver. Mais la veille de Noël, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a autorisé le redémarrage anticipé de Tihange 3. Le remplacement du toit du bunker abritant les équipements de secours de la centrale peut être effectué plus tard, estime l’AFCN.

D’autres mesures ont également été prises, en grande partie par Engie Electrabel, pour augmenter les capacités de production, ou réduire la consommation de pointe. Ainsi, environ 1300 MW ont été “trouvés” depuis le début de la crise, qui a débuté fin septembre 2018. Ces 1300 MW représentent une capacité supérieure à un gros réacteur nucléaire (1000 MW).

La ministre compte également sur le retour “probable” de Doel 2, fin janvier, et sur le projet Nemo, inauguré récemment, qui permet d’importer de l’électricité depuis le Royaume-Uni.

Bien sûr, la situation ne restera favorable que si les centrales nucléaires actuellement en fonctionnement continuent à tourner, a précisé la ministre, suite à une question d’un journaliste.

Chiffres à l’appui, Marie-Christine Marghem a fait valoir que les prix de gros de l’électricité sont revenus à un niveau normal après le pic atteint au début de la crise. “Il y a eu une hausse significative liée à l’indisponibilité des centrales nucléaires, a-t-elle déclaré. D’abord en raison du stress provoqué sur les marchés car on se demandait s’il y aurait suffisamment d’électricité pour satisfaire la demande”.

Malgré ce retour à la normale, elle n’a pas abandonné l’idée de faire payer Electrabel pour cette hausse des prix. “Le travail juridique se poursuit, a-t-elle indiqué. Mais il est actuellement impossible de connaître le dommage exact. Nous ne le connaîtrons que lorsqu’une année complète se sera écoulée”. Il n’y aura donc pas de décision sur cet aspect avant septembre 2019. Voilà une question difficile renvoyée au prochain gouvernement…

Le soutien aux centrales à gaz avance

Par ailleurs, Marie-Christine Marghem a indiqué que son texte de loi permettant de subsidier des centrales à gaz, en vue de la sortie du nucléaire en 2025, serait sur la table du Conseil des ministres vendredi. S’il est adopté, ce texte devra encore recevoir un avis du Conseil d’État et être voté à la Chambre. Pour ce faire, la ministre libérale compte sur l’appui de l’opposition, favorable à la sortie du nucléaire.

En revanche, le texte qui doit permettre au contribuable belge d’éviter le risque de devoir assumer une partie de la facture des déchets nucléaires n’est pas encore prêt.