Politique belge

L'augmentation des pensions minimums annoncée par le gouvernement en guise de correction sociale aux mesures de pertes de pouvoir d'achat ne visera finalement que certaines pensions, pour un montant budgétaire de 35 millions d'euros sur les 127 initialement annoncés, a dénoncé jeudi le parti socialiste. Observant que le saut d'index permet au gouvernement d'économiser 773 millions d'euros, le PS calcule que celui-ci n'est dès lors compensé qu'à concurrence de moins de 5%. 

"Beaucoup d'appelés mais peu d'élus", a relevé jeudi le député Frédéric Daerden en dénonçant une "nouvelle opération de 'com' mensongère" du gouvernement qui avait annoncé un correctif pour les pensions minimums. Seul 13% des pensionnés pourront bénéficier de la prime correctrice, à savoir les pensionnés du secteur privé bénéficiant d'une pension minimum suite à une carrière de 45 ans, souligne l'élu socialiste. "Cela signifie concrètement que les pensionnés du secteur public ne recevront rien, tout comme 87% des pensionnés salariés et indépendants. Nous sommes donc loin des promesses du gouvernement sur un saut d'index 'socialement corrigé'", a-t-il dénoncé.

Indiquant qu'à peine 11% des femmes bénéficieront de la revalorisation, elles qui étaient déjà frappées par les mesures sur le temps partiel involontaire, les visites chez le gynécologue et la réduction du séjour en maternité, le député PS conclut en constatant que "le gouvernement confirme le fil rouge de sa politique: profondément injuste et misogyne".


Une remise en cause de la solidarité selon les syndicats

Le front commun syndical a dénoncé jeudi matin le projet du gouvernement fédéral de réformer le régime de retraite des salariés en relevant notamment le plafond de 1.671,95 euros net par mois pour un isolé. Selon lui, il s'agit d'une remise en cause de la solidarité.

"Actuellement, au-delà d'un salaire annuel de 53.000 euros brut, tout ce qu'on cotise l'est à fonds perdu", a estimé Daniel Bacquelaine dans Le Soir. Jugeant cette situation injuste, il prévoit donc d'adapter ce plafond en introduisant un coefficient de revalorisation.

"Il s'agit en réalité d'une remise en cause du système de solidarité sur lequel est construit la sécurité sociale", a estimé Anne Léonard, secrétaire nationale de la CSC en marge d'une action menée devant le cabinet du ministre. "On va augmenter les pensions maximales de quelques-uns pour défavoriser tous les autres", a-t-elle ajouté.

De son côté, le secrétaire général de la CGSLB, Olivier Valentin, a fait part de ses craintes quant à un problème de financement du système à terme.

"Cette proposition n'a pas été concertée", a signalé pour sa part le secrétaire fédéral de la FGTB Jean-François Tamelini. "Ces 15 derrières années, les plafonds des pensions ont augmenté de 10% grâce aux syndicats via la liaison au bien-être", a-t-il rappelé, qualifiant la proposition sur la table d'"infecte".