Politique belge

"J'annule la réunion prévue mercredi matin avec Alain Destexhe", a fait savoir mardi soir le ministre wallon de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet. Dans la journée, celui-ci avait accepté une rencontre avec l'ex-MR au sujet de la réforme des aides à la promotion de l'emploi (APE). "Ma porte était ouverte pour lui expliquer la réforme. Mais jamais je n'ai laissé entendre qu'une marge de manoeuvre ou des amendements étaient possibles. Or Alain Destexhe s'est répandu en déclarations selon lesquelles il allait négocier la réforme. La confiance est rompue", a regretté M. Jeholet auprès de l'agence Belga. La réforme des aides à la promotion de l'emploi (APE) doit revenir mercredi sur la table des parlementaires wallons réunis en séance plénière. Le vote, qui semblait acquis, ne l'est plus depuis la défection de la députée MR Patricia Potigny. En rejoignant les listes Destexhe, celle-ci a fait voler en éclat la majorité wallonne, qui ne tenait qu'à un siège.

"Dans la journée (de ce mardi, NDLR), j'ai eu un contact avec Alain Destexhe. On avait prévu une réunion mercredi à 11h00 pour que je lui explique les éléments de la réforme des APE", a relaté Pierre-Yves Jeholet.

Mais Alain Destexhe a ensuite déclaré à la presse qu'il allait négocier la réforme avec le gouvernement wallon et qu'il chercherait à obtenir des concessions. "Dans ces conditions, je ne le recevrai pas", a indiqué le ministre.

Interrogé mercredi sur Bel RTL, Alain Destexhe a mis ce refus de le recevoir sur le compte d'une "certaine arrogance au MR". Selon lui, quand "un gouvernement n'a pas de majorité, la moindre des choses, serait d'écouter ces parlementaires qui peuvent lui offrir cette majorité".

M. Destexhe n'a pas souhaité préjuger de l'orientation du vote qui animera mercredi après-midi ses deux députés. "Ce sera une décision collective, à trois", a-t-il dit alors qu'il se rendra à Namur. L'ex-élu MR n'a cependant pas caché ses critiques vis-à-vis de la réforme des APE. Selon lui, il faudrait supprimer le dispositif sur cinq ans et le remplacer par un "surcroît de dynamisme du secteur privé".

PS, Ecolo et PTB - qui représentent 36 sièges sur 75 - sont farouchement opposés au projet de décret et les listes Destexhe ont annoncé, mardi matin, qu'elles ne le soutenaient pas "en l'état". Or, les voix des deux députés ayant rejoint le nouveau parti, Patricia Potigny et André-Pierre Puget - seront mathématiquement déterminantes puisque les députés soutenant le gouvernement ne représentent, s'ils sont tous présents, que 37 sièges sur 75.