Politique belge

Le MR n'est pas favorable à des élections anticipées, a laissé entendre mercredi le ministre Denis Ducarme. 

Il ne faudrait pas que la campagne électorale se transforme en un "referendum grandeur nature" sur la migration, a-t-il indiqué. "Je ne pense pas que ce soit une bonne idée d'aller demander aux Belges de voter trois fois en six mois. Par ailleurs, une campagne électorale fédérale ne peut être -comme certains veulent l'envisager, notamment à la N-VA- un referendum grandeur nature pour ou contre la migration", a expliqué M. Ducarme sur les ondes de La Première.

Des élections fédérales anticipées pourraient en outre vouer le gouvernement fédéral à la paralysie pendant de longs mois puisque les élections régionales et européennes suivront le 26 mai et qu'il sera compliqué de constituer un nouvel exécutif dans ces conditions.

C'est le dossier du Pacte des migrations de l'ONU qui a mené à la situation actuelle, considère le ministre. La Belgique, par la main de son ambassadeur, à l'ONU signera mercredi ce Pacte, auquel la N-VA s'opposait. "On paie très strictement le fait que la Belgique à l'ONU va pouvoir signer le Pacte des migrations. C'est une question de principe et de valeur. Le Premier ministre n'a pas cédé sur cette question", a expliqué M. Ducarme.

S'il salue le travail fourni avec la N-VA durant 4 ans dans le gouvernement fédéral, il juge que celle-ci est devenue "la marionnette du Vlaams Belang" après les élections communales du 14 octobre, qui ont rendu des couleurs au parti d'extrême-droite.

Le ministre MR déplore également l'attitude du PS et dans une moindre mesure celle des écologistes. Elle a fait capoter l'appel du Premier ministre à une "coalition de bonne volonté" par une "motion de vengeance", estime-t-il.

"Nous ne sommes pas dans un schéma politique suffisamment mature et nous avons assisté à une motion de vengeance. C'était très perceptible sur les bancs du PS mais aussi d'Ecolo qui s'était montré assez constructif et, là, n'a pas voulu se distancer de cette motion de méfiance comme l'ont fait le cdH et DéFI".

Sur Bel RTL, la ministre Sophie Wilmès a souligné que les affaires courantes ne constituent pas un mode de gestion de l'Etat. Comparer la situation actuelle avec la crise politique de 2010 et 2011 est d'ailleurs une "erreur fondamentale", a-t-elle ajouté. "A l'époque, il y avait un nouveau Parlement et les taux d'intérêt étaient mis sous pression. Nous n'avions pas le choix."

La ministre a par ailleurs rappelé que le budget 2019, qui passe à la trappe avec la démission de Charles Michel, contenait l'enveloppe bien-être, des montants supplémentaires pour le RER ainsi que pour le recrutement de policiers. La situation économique du pays n'est toutefois pas mise en danger avec la crise politique, d'après Sophie Wilmès.