Politique belge

Charles Michel (MR) a retrouvé ses airs combatifs. L’année dernière, pour son précédent discours de rentrée au Parlement, le Premier ministre semblait abattu, épuisé. Un long conclave budgétaire venait d’être ficelé dans la douleur, reportant au dimanche 16 octobre le traditionnel speech du "State of the Union". Nous sommes désormais en 2017 et le Premier ministre respire. En fait, le plus dur est fait. Les chiffres de la création d’emplois (son credo, c’est "jobs, jobs, jobs", faut-il le rappeler) sont bons. Sa majorité a survécu aux très grosses turbulences de début de législature, au climat antiterroriste, à la guerre entre le CD&V et la N-VA, aux attaques de l’opposition francophone qui se compose de tous les partis - à l’exeption du MR.

Alors, Charles Michel, mardi, pouvait se permettre de retaper sur le clou de la relance économique. Il a mis la pression sur sa propre équipe, laissant entendre que les conflits qui naîtront inévitablement des prochaines élections communales (dans un an exactement), alors que Kris Peeters va tenter de déstabiliser Bart De Wever dans son fief anversois, ne peuvent empêcher la "suédoise" de bosser jusqu’au dernier jour de la législature.

"En trois ans, 130 000 jobs"

Comme annoncé, le chef de gouvernement fédéral a fortement insisté sur le bilan socio-économique de la "suédoise", chiffres l’appui. Il n’a pas boudé son plaisir. "Chacun reconnaît les résultats en termes de création d’emplois. La Banque nationale, le Bureau du Plan, l’Institut des comptes nationaux, le FMI, l’OCDE, tous, confirment l’ampleur des progrès réalisés : 130 000 jobs en trois ans. Certains affirment qu’il s’agit d’emplois précaires. C’est faux", a-t-il notamment balancé à l’intention de l’opposition.

Charles Michel a martelé de fermes accents libéraux lorsqu’il a promis de mettre en œuvre le service minimum. Un avertissement à la CGSP Cheminots qui bloquait le trafic ferroviaire mardi… "Nous n’acceptons plus que des étudiants ou des travailleurs soient pris en otage en cas de grève." On avait connu le Premier ministre plus prudent sur le plan social.

Enfin, dans un discours particulièrement pro-européen, le Premier ministre a également fait un petit plaisir à la N-VA, très engagée symboliquement dans le soutien aux Catalans. Il a appelé à une "désescalade" en Catalogne et à la recherche d’une procédure négociée entre l’Etat central espagnol et les indépendantistes. Dans le même esprit, il a pris la défense de Theo Francken, assimilé à un "nazi" ces derniers jours à la suite de la polémique sur l’identification de migrants soudanais présents à Bruxelles.