Politique belge Le Premier wallon livre sa version de l’histoire. Charles Michel, lui, l’associe à Trump et à Le Pen.

Mardi matin, c’est à Bruxelles et non à Namur que le ministre-Président, pourtant wallon, Paul Magnette (PS) avait choisi de présenter son dernier ouvrage consacré au Ceta - du nom de ce projet d’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada que la Wallonie a mis à mal fin de l’an dernier. Une histoire qui n’est pas finie mais qui, actuellement connaît une évidente accalmie.

"Ceta. Quand l’Europe déraille" est la version de Paul Magnette des événements, tels qu’il les a vécus jusqu’aux deux semaines de tornade médiatique qui propulseront le Carolo sur le devant de la scène européenne (surtout) et internationale (un peu).

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Un récit qui a donc le mérite de retracer le processus amenant les Wallons, le gouvernement fédéral, l’Union européenne et le Canada à jouer un jeu bizarre au cours duquel la crédibilité de l’Union européenne était en danger. C’est la vision des choses de Magnette qui est présentée ici. C’est la loi du genre. D’autres intervenants en auront sans doute une interprétation différente. En marge de la présentation de son ouvrage, Magnette a d’ailleurs précisé une nouvelle fois que si les "19 engagements que nous avons obtenu lors des négociations ne sont pas rencontrés, nous ne ratifierons pas le Ceta". Il sous-entendra aussi que le fédéral ne semble pas pressé d’aboutir.

Projet isolationniste

Hasard ou pas, un peu plus tard dans la journée, invité à s’exprimer au Cercle Chapel, le Premier ministre Charles Michel (MR) a, selon l’agence Belga, rapproché la saga du Ceta avec le projet isolationniste du président américain Donald Trump qu’il rejette. Il a également précisé que cette manière de contester les traités commerciaux était également la stratégie de la présidente du FN, Marine Le Pen en France. Entre ces deux-là, c’est un courant alternatif qui passe.