Politique belge

Bien malin celui qui pourra deviner le résultat des urnes au soir du 25 mai 2014. L’inconnue principale, c’est évidemment le score que réalisera la N-VA. Toutefois, le baromètre politique "La Libre"/RTBF/Dedicated pourrait faire réfléchir les nationalistes flamands. En effet, lorsque les personnes interrogées en Flandre se prononcent sur les thèmes qui détermineront leur vote pour tel ou tel parti, le "communautaire" n’a pas réellement la cote.

Par exemple, le fait d’aller plus loin encore dans la réforme de l’Etat ne décidera que 24 % des électeurs au nord du pays. Bien entendu, c’est plus qu’à Bruxelles (10 %) et qu’en Wallonie (11 %), mais c’est tout de même parmi les sujets qui suscitent le moins d’engouement en Flandre. Cette tendance semble confirmer que la N-VA, en dévoilant concrètement son projet confédéraliste pour la Belgique, n’a pas pu retourner définitivement l’opinion flamande en faveur d’une réforme radicale de l’organisation institutionnelle belge.

Attention, il faut nuancer ces résultats selon la couleur politique des personnes interrogées. En effet, les sympathisants de la N-VA sont tout de même 49 % à dire que l’évolution vers le confédéralisme va influencer leur vote aux prochaines élections. Par contre, pour les sondés proches du CD&V (13 %), du SP.A (9 %), de l’Open VLD et de Groen (7 %), ce thème laisse quasiment indifférent. Seules les personnes interrogées qui se déclarent proches du Vlaams Belang reconnaissent à ce motif de vote une certaine influence (29 %).


Moins de monarchie ? Bof…

La même tendance à un relatif scepticisme sur le plan du détricotage de l’Etat belge se retrouve dans les résultats à d’autres questions du même ordre. Les efforts d’une formation pour réduire les pouvoirs de la monarchie vont-ils jouer dans le choix d’un parti aux élections ? Globalement, 29 % des Flamands se disent influencés par cette idée pour leur futur choix électoral. A nouveau, les proches de la N-VA font "mieux" : 45 %. De même pour le Vlaams Belang (45 %, également).

Quoi qu’il en soit, le "communautaire" d’une manière générale cartonne nettement moins que les préoccupations socio-économiques. En Flandre, à Bruxelles comme en Wallonie. En effet, dans le top des motifs de vote, on retrouve : la qualité des soins de santé, le pouvoir d’achat, la lutte contre le chômage, la sécurité, la relance de l’économie, la qualité de l’enseignement mais aussi la limitation de l’immigration, etc. Tout cela dans des proportions assez similaires pour les sondés wallons, flamands et bruxellois.

Petite anecdote : quel est le score le plus élevé ? On le trouve parmi les réponses des sympathisants FDF à Bruxelles : 89 % d’entre eux sont soucieux de l’évolution de leur pouvoir d’achat et voteront en conséquence. Les plus relax sur cette question sont les humanistes (58 %) et surtout les Ecolos bruxellois (42 %).